Quatre minutes? Une partition inégale au final explosif
Par Florence G. Yérémian – bscnews.fr/ Traude Krüger enseigne le piano dans une prison. Parmi ses quatre élèves, l’une est particulièrement douée mais elle fait preuve d’une violence compulsive. Au nom de l’art et de la musique, Fraü Krüger accepte néanmoins de dispenser son enseignement à cette Jenny Von Loeben; cependant elle exige de cette gamine une discipline de fer et une soumission totale. Malgré les heurts et les querelles quotidiennes, une complicité s’instaure graduellement entre les deux mélomanes : par le biais de son savoir et de sa persévérance, la vieille Krüger tend en quelque sorte une main à Jenny. Certes, c’est une main rêche et à poigne, mais c’en est une tout de même! De son côté, la jeune fille quitte progressivement sa rébellion pour s’adoucir et esquisser de rares sourires en exécutant ses mélodies pianistiques. Au fil des sonates de Beethoven et des impromptus de Schubert, ces deux âmes en peine vont mutuellement s’apprivoiser et lever les voiles de leurs sombres parcours: tandis que l’une ne parvient pas à oublier son grand amour exécuté par les nazis, l’autre cherche à faire table rase de son passé d’enfant prodige et de ce beau-père qui recommence à lui tourner autour. Dans cet imbroglio des sentiments, la musique apparaîtra alors comme la seule issue possible à leur double rédemption…