fbpx

Oscar Coop-Phane : un talent littéraire qui ne se dément pas

par

Par Pascal Baronheid – bscnews.fr / Oscar Coop-Phane continue à justifier les commentaires élogieux qui ont salué ses débuts et accompagné son deuxième roman. Il poursuit un sillon mélancolique, nimbé désormais d’un désespoir scintillant. Jacques est un peintre inaccompli.

Sans succès veut-il dire sans talent ? « Jacques était un de ces types qui ne peuvent pas se contenter d’un art imparfait ». Les désillusions artistiques sont comme les tatouages : on a beau frotter, rien ne s’efface. Il songe sérieusement à larguer les amarres, une fois pour toutes. On ne quitte pas la scène sans faire ses adieux. Jacques s’offre un dernier vagabondage, dans les lieux qu’il a connus, auprès de ceux qui ont un peu, beaucoup compté, sans pour autant le détourner de son projet. « C’est agréable parfois de se sentir triste ». La mélancolie selon Coop-Phane n’a pas l’élégance aérienne dont on se réjouit chez Jean-Louis Murat. Elle est davantage une symphonie du délabrement, une partition de l’amertume. Il revoit Marie, autrefois aimée, aimante, amante ad nauseam. Il rejoint Dédé, écrivain velléitaire, autre naufragé de l’utopie créatrice. Tous comptes faits, c’est Paris qui lui tient le plus à cœur. On retrouve dans ce roman l’empreinte du Feu follet de Drieu La Rochelle, avec un hommage particulier au travail cinématographique de Louis Malle, à la présence de Maurice Ronet. La réussite de Coop-Phane tient dans l’envoûtement de cette dérive, l’apaisement que l’on trouve à s’expatrier de soi.

« Octobre »
Oscar Coop-Phane
Editions Finitude
Prix: 14 €
144 pages

Lire aussi :

Les Editions du Caïman : un éditeur à l’honneur

Rentrée littéraire : Quid novi sub sole ?

Un livre aussi étrange qu’enivrant

La littérature au service de la différence

Le romantisme noir d’Olivier Steiner

Les obsédants fantômes de Jean-Jacques Schulh

Une rentrée littéraire resserrée : de l’audace et des valeurs sûres

Le chant d’espérance de Jean d’Ormesson

Colum McCann : qu’est-ce qu’être un homme ?

Gilbert Sinoué : la face cachée de Gandhi

Laissez votre commentaire

Il vous reste

0 article à lire

M'abonner à