Brigitte Lustenberger : Le goût des autres ou Elégie en clair-obscur
Par Julia Hountou avec la collaboration d’Ariane Pollet – bscnews.fr/ Interroger la photographie dans son pouvoir de représentation revient à formuler la question du jeu entre réalité et fiction. Ainsi, sans avoir recours aux artifices de l’insolite, à l’attirail du bizarre et de l’étrange, mais en usant au contraire de composants du quotidien, Brigitte Lustenberger(1) bâtit une « intrigue » visuelle dont les héros sont interprétés par de faux acteurs, ses modèles auxquels elle attribue des rôles. Ses photographies se présentent en effet comme des mises en scène puisque leurs protagonistes sont appréhendés tels des personnages, selon une approche théâtrale. Elle les dirige avec soin à la manière d’un réalisateur de cinéma, en travaillant avec eux sur leurs gestes et leurs expressions faciales (2).