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Cendres : Quand la douce folie nous consume

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Par Elodie Cabrera – bscnews.fr/ Pantins aux visages émaciés, cigarettes qui ne s’éteignent jamais et maisons en feu, dans « Cendres », la folie d’un homme conduit à l’embrasement d’un village tout entier. Consumé par ses envies, le pyromane affronte ses démons, sous les traits d’un loup terrifiant, se bat contre ses voies intérieures qui le poussent à éradiquer la vie et finit par capituler face à sa noirceur. Baraques, forêt, convictions, tout flambe, tout crame, rien de renaît.

Vaporeuse, incandescente et dramatique, telle se présente la nouvelle création de la compagnie Plexus Polaire dirigée par Yngvild Aspeli. Après plusieurs représentations au Théâtre Le Mouffetard, cette création marionnettique a enthousiasmé le théâtre Berthelot à Montreuil, grâce à une approche sensible, cinématographique et une mise en scène de haute voltige. Sur scène, de petites maisons de papiers jonchent le sol, des mots apparaissent puis disparaissent par projection dans des nuages de fumée. Ils constituent la seule « voix off » de ce récit muet. Pas un mot donc, mais l’émotion et l’humanisme dérangeants des marionnettes à taille humaine, contrôlées par trois manipulateurs, nous immiscent dans un triste destin. On aimerait sauver le pauvre bougre bouffé par ses désirs auto-destructeurs.
Tout est sombre dans « Cendres » : les visages ciselés par l’ombre, la douce descente aux enfers d’un homme meurtri, l’aveuglement de son entourage, l’impressionnante marionnette du loup gris, etc. Librement inspiré du roman de Gaute Heivoll, « Avant que je me consume » qui retrace l’histoire d’un pyromane qui terrorisa un village de Norvège en 1978, « Cendres » nous parle de folie, de misère humaine mais aussi de honte. D’une honte hurlante comme les sirènes des pompiers qui envahissent la salle. La compagnie Plexus polaire nous offre une épopée funèbre d’une très grande maestria et inventivité, visuellement sublime, dont on ressort comme d’un mauvais rêve : encore choqué tant l’effroi fut palpable.

CENDRES

de Yngvild Aspeli / Cie Plexus Polaire
Librement inspiré du roman de l’auteur norvégien Gaute Heivoll : Avant que je me consume aux éd. J.-C. Lattès

Du mardi 20 au vendredi 30 janvier 2015
au Théâtre du Fil de l’eau à Pantin

& le mardi 10 et mercredi 11 février 2015
au Théâtre Berthelot à Montreuil

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