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Le bourgeois gentilhomme au pays du Soleil Levant ? Une mascarade franco-nippone qui n’aurait pas déplu à Molière

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Par Florence Gopikian Yérémian –bscnews.fr/ Figurez-vous que Monsieur Jourdain a changé de pays ! Par delà les océans et les châteaux du Grand Siècle, le voici installé au Japon. Entouré, comme de coutume, d’une cour d’hypocrites et de bonimenteurs, il se complait dans sa fraiche fortune et fait appel à toutes sortes de Maitres à penser : philosophie, musique traditionnelle, arts martiaux…

A défaut de pouvoir réellement s’instruire, ce parvenu fait semblant et parade en kimono grimé de ridicule. Raillé par son épouse qui tente de le rendre lucide, il ne cesse de se faire manipuler et évolue béatement entre ses rêves de belles marquises et ses illusions de gloire.
Avec un style burlesque et totalement débridé, la Compagnie Philippe Car pousse la farce du Bourgeois gentilhomme dans toutes les directions : elle transpose Molière au Pays du soleil levant, place Monsieur Jourdain dans une maison aux allures de mardi-gras et l’entoure d’une pléiade de marionnettes en guise d’interlocuteurs : son maître de musique a des airs d’épouvantail, son tailleur a l’allure d’un kilt à tête de bobine, son professeur de philosophie ressemble à une gigantesque bouche sur pattes, quant au Comte Dorante, il s’est tout simplement transformé en un petit robot télécommandé !
Délirant et cocasse, Philippe Car s’empare brillamment du rôle titre qu’il gave d’humour et de mimiques extrêmes. Tel un Louis de Funès chantant avec l’accent du sud, il ne cesse de sautiller et de gesticuler. Dénué de tout complexes, ce clown à ressort nous offre même une danse électro avec sa Dorimène sur roulettes et nous gratifie d’une superbe scène d’adoubement en culotte ! Derrière ses apparentes bouffonneries, Philippe Car dissimule cependant un véritable amour du théâtre et un professionnalisme évident. Il en va de même pour chacun des membres de sa compagnie qui évoluent en toute discrétion sur cette scène fantasmagorique : chanteurs, duo d’hommes marionnettes, ventriloques, cette troupe de saltimbanques contemporains est d’une synchronisation parfaite et d’une inventivité à toutes épreuves ! A mi-chemin entre l’art traditionnel du Bunraku et la magie de la robotique, ce spectacle ludique et bouillonnant est à découvrir en famille en oubliant tous ses préjugés sur le théâtre classique du grand Molière!
NB : Bravo aux musiciens qui continuent de jouer après la représentation ainsi qu’à Nicole, la malicieuse petite poupée chiffon !

Le bourgeois gentilhomme
D’après Molière
Mise en scène : Philippe Car
Avec Philippe Car, Valérie Bournet, Nicolas Delorme, Claire Leyat et Vincent Trouble

©Elian Bachini

Dates des représentations:

– Au Théâtre 13 ( 30, rue du Chevaleret – Paris 13e /M° Bibliothèque F. Mitterrand) du 7 au 19 janvier 2014

– A l’Espace Nova – Velaux ( 13) le 11 mars 2014

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