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Et les mistrals gagnants : l’enfance et la maladie

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Par Romain Rougé – Sorti en salle le 1er février dernier, le documentaire Et les mistrals gagnants d’Anne-Dauphine Julliand a été projeté au cinéma Utopia de Montpellier, dans le cadre d’une projection-rencontre. Quand la maladie est racontée à hauteur d’enfant, il en ressort une ode à la vie, simplement.

Ils s’appellent Ambre, Camille, Charles, Imad et Tugdual. Ils ont entre six et neuf ans. Ils sont malades, passent beaucoup de leur temps à l’hôpital et assument pleinement les traitements qui les empêchent de vivre comme les autres.
Dans « Et les mistrals gagnants », nous nous tenons à leur hauteur, nous voyons et ressentons les choses de leur seul point de vue, qui oscille entre espoir tenace et découragements momentanés. Car le documentaire a beau être lumineux, aussi admiratif que l’on soit de la force de caractère des bambins, quand ils craquent, l’hymne à la vie déchante. Notamment lorsqu’un geste quotidien, pourtant répété, paraît soudainement insurmontable : le retour à l’hôpital, l’insertion d’un drain dans les narines…

Mais ils se relèvent. Sans cesse. Et c’est cela qu’Anne-Dauphine Julliand nous montre avec succès. De part sa propre expérience, la journaliste-réalisatrice a déjà écrit deux livres sur le sujet des enfants malades (Deux petits pas sur le sable mouillé et Une journée particulière), mais elle choisit ici de filmer un groupe lambda et hétérogène dont le seul lien est finalement ce rapport à la maladie. Ces enfants s’approprient les termes scientifiques, témoignent, continuent d’exister avec cette innocence, cette insouciance, qui nous manque cruellement à l’âge adulte.

Des scènes de vie filmées pendant plusieurs mois à une seule caméra, pour « alléger le dispositif et ne pas perturber les enfants et le personnel », selon la réalisatrice. Résultat : l’empathie envers les enfants est totale. Ambre, Camille, Charles, Imad et Tugdual sont à la fois troublants, attachants, tristes et souvent très drôles. La mise en retrait des parents ou du personnel médical éloigne tout misérabilisme et appuie les traits de caractères des enfants. Ceux-là mêmes sont filmés dans leurs activités artistiques ou dans leurs relations affectives. Non, ils ne sont donc pas moins prisonniers de l’univers hospitaliers que de leur maladie. Et pourtant, ils avancent, s’évadent et relâchent les vents.

On laissera le mot de la fin à la petite Ambre, sans avoir besoin d’y ajouter de commentaire. « Si il y a quelque chose qui nous tracasse, c’est pas grave, c’est la vie. »

Et les mistrals gagnants
Réalisation et scénario : Anne-Dauphine Julliand
Image : Katell Djian, Isabelle Razavet, Alexis Kavyrchine, Matthieu Fabbri, Laurent Brunet – Son : Quentin Romanet, Steven Ghouti – Montage : Lilian Corbeille, Mathieu Goasguen, Valérie Lindon – Musique : Rob – Producteur(s) : Édouard de Vésinne – Production : Incognita Films – Distributeur : Nour Films
Date de sortie : 1 février 2017 – Durée : 1h19

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