fbpx

Everybody wants some : Portrait groovy des 80’s par Linklater

par

Par Jonathan Rodriguez – Ah qu’il les aime ces années 80 Richard Linklater ! Après Génération rebelle (Dazed and confused en VO) – où l’on pouvait découvrir les débuts étonnant d’un Matthew McConaughey chevelure blonde ornée d’une moustache – le cinéaste américain revient à ses premiers amours en dressant le portrait tendre et drôle d’une troupe de sportifs, à quelques jours de la rentrée scolaire.

Douce Nostalgie

On connait le talent de Linklater pour toujours faire dans la douceur et la simplicité. Boyhood, sa chronique sur la jeunesse et le temps qui passe, ainsi que sa trilogie « Before » (Sunrise, Sunset, Midnight) sur l’évolution d’un couple, en sont le plus bel exemple. Everybody wants some n’échappe donc pas à cette obsession du temps, si chère au cinéaste.

Dès les premières minutes, une atmosphère légère, amusante s’installe. Celle-ci, comme fil conducteur, accompagnera l’oeuvre pendant presque deux heures, sans jamais s’essouffler. Sa mise en scène, plus fine qu’il n’y parait, excelle à capter l’essence et l’ambiance de toute cette époque seventies-eighties, avec une reconstitution à la fois minutieuse et totalement ironique. Chemises moulantes et pantalons patte d’eph, night-club et autres coiffures excentriques donnent au 17ème film de Linklater une touche si particulière, se fondant sur ses propres souvenirs avec une once de dérision. Une ambiance disco, kitsch et groovy jusqu’au bout des moustaches !

Grâce à l’excellent choix de la bande originale, le texan laisse une belle emprunte nostalgique : Van Halen, Patti Smith, Blondie, Dire Straits, The Cars… des classiques du genre, avec verve et punch qui donnent un véritable ton et habite l’oeuvre entière de cet esprit fou.

Jeunesse en transition

Sous forme de voyage musical, où disco, punk et country cohabitaient ensemble et étaient à leur apogée, le long-métrage dépeint aussi une jeunesse en pleine évolution. Même si le film donne l’approche de cette société en mutation – comprenez la montée du reaganisme et du sexe encore non-protégé – on reste comme suspendu au temps, le temps de quelques jours, où rien n’est pris au sérieux. C’est bien là tout l’intérêt.

Rigoler, rendre hommage et se souvenir : ses intentions de départ explicites, le film tient la distance et ne déçoit pas. Comme rarement chez Linklater qui sait rapidement montrer où il veut nous emmener. L’humour décapant, bien dosé et la nostalgie chaleureuse suffisent à donner grâce aux yeux du spectateur. Une bonne humeur communicative où bon esprit, bizutages, chasses aux filles et moqueries en tout genre sont omniprésents. Grâce notamment à une palette variée de personnages aussi atypiques les uns que les autres et sa direction d’acteurs au diapason, que l’on découvre la plupart pour la première fois. Une fresque drôle, fraiche et bienveillante qui s’imposera, à coup sûr, comme un des classiques du genre et comme un teen-movie revigorant. On y serait bien resté un peu plus.

Everybody Wants Some !!
De Richard Linklater
Avec Blake Jenner, Tyler Hoechlin, Zoey Deutch, Ryan Guzman…
Comédie – 1h57
Sorti le 20 avril 2016

À lire aussi dans cinéma :

Les Habitants : le regard attendri et avisé de Depardon

Mandarines : réflexion douce et saisissante sur la guerre

Démolition: un film qui s’enlise dans la métaphore

L’Académie des muses : du cinéma inspiré

Laissez votre commentaire

Il vous reste

0 article à lire

M'abonner à