fbpx

Mon maître d’école : le portrait d’un instituteur pagnolesque

par

Par Florence Yérémian – Depuis quelques mois, il semblerait que l’éducation nationale fasse un retour au devant de l’actualité cinématographique. Après le charmant « Dis maîtresse » mettant en scène la fille du réalisateur Jean-Paul Julliand dans son travail d’enseignante

(lire la critique ici ), c’est à présent au tour d’Emilie Thérond de rendre hommage aux quarante ans de carrière de son ancien instituteur.

Munie de sa caméra, la jeune réalisatrice a souhaité filmer la dernière année scolaire de Jean-Michel Burel au sein de son petit village de Saint-Just-et-Vacquières. Captant les heures de classe de ce pédagogue qui a marqué toute son enfance, elle le suit paisiblement dans ses réflexions et traduit avec autant de tendresse que de respect la passion de cet homme envers son métier.

Jean-Michel Burel a, en effet, consacré toute sa vie aux enfants du village. A la fois maire et instituteur, il a fait de son école une maison ouverte à tous et a accueilli plusieurs générations d’élèves. Son approche de l’éducation est à l’écart de tout académisme et il s’en accommode fort bien : mettant de coté les excès de théorie, il est en permanence à l’écoute de ses élèves et fait preuve d’une réelle magnanimité envers leurs erreurs. Prônant modestement une philosophie de la liberté, il laisse ses têtes folles s’épanouir à leur rythme, tente de résoudre leurs petits conflits en discutant avec eux et les initie au respect de l’homme et de la nature comme un authentique rousseauiste!

Véritable héros de la vie ordinaire, Jean-Michel Burel possède une bienveillance naturelle et une patience qu’il a du acquérir au fil de sa longue carrière. Sa tolérance et son attachement envers ses primaires sont plus que sincères, voilà pourquoi il est si émouvant de le voir entamer sa dernière année la larme à l’oeil, pétri de nostalgie.

Certes l’homme est fatigué et il porte malgré lui la marque pagnolesque d’un maître d’école rurale. Avec sa bonhomie et son accent du Gard, on pourrait même se dire que ce professeur des campagnes appartient à un autre temps et que son enseignement est devenu obsolète. Ce serait cependant commettre une grande erreur car Jean-Michel Burel possède justement l’essentiel pour réduire l’échec scolaire qui envahit progressivement l’Hexagone: un amour profond de son métier, une générosité sans faille et une sincère dévotion envers ses élèves. Pour se convaincre de l’intelligence de son enseignement, il suffit tout simplement de l’écouter « Je dois faire de ces enfants des femmes et des hommes responsables, leur apprendre à être quelqu’un »… Respect Maître Burel.

Mon maître d’école ? Un reportage attachant et sans prétention qui nous rappelle que la pédagogie est une école de la patience. A méditer…

Mon maître d’école
Un film d’Emilie Thérond
Avec les classes de CE2, CM1 et CM2 de Saint-Just-et-Vacquières
Très belle musique de Yodelice :
http://yodelice.com/#!/

Au cinéma le 13 janvier 2016

Lire aussi dans Cinéma :

Encore Heureux: une folie douce portée par Sandrine Kiberlain et Edouard Baer

Jodorowsky’s Dune : le reportage génial sur la genèse d’un film fantôme

Snoopy : une pépite de bonheur au cinéma

Joy : un film au faire-valoir insipide

Robert Guédiguian : Une Histoire de fou… et de légitimité

Laissez votre commentaire

Il vous reste

0 article à lire

M'abonner à