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Un roman de la musique

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Par Laurence Biava – bscnews.fr / Le troisième roman de Christine Baron raconte l’histoire d’un homme qui fait de la musique son axe de vie. C’est aussi l’histoire de Pietro, le premier violon, Frédéric le soliste, Charlotte et Martin les jeunes espoirs, et tous les autres, un directeur de conservatoire plus soucieux de rentabilité que d’art, une femme qui craint le bonheur, un père mélomane récalcitrant face à la vocation de son fils…

La vie de Pierre, le chef d’orchestre n’est pas de tout repos. Face à des femmes et des hommes que rien ne prédisposait à être ensemble, il ne s’agit pas de battre la mesure ou de leur demander de commencer et de terminer en même temps. Ce qu’il y a de formidable dans ce roman plein de sons et de mélodie, c’est l’ambition des hommes, gouvernée par leurs seules passions.

« La musique ne commande rien, n’explique rien, ne dicte rien. A chacun de faire appel à sa propre émotivité, son imagination, ses sensations, pour essayer de peindre sa vie avec ses propres couleurs »

L’écho de la note bleue imagine des nuits musicales où rôdent les fantômes de Nohant, Chopin et George Sand. Pléthore de trémolos, de contrastes et surtout d’érudition artistique, il flamboie dans ses dialogues, enchevêtre des apartés admirables, et transporte le lecteur ébloui dans les derniers accords d’un Nocturne. Citons Franz Liszt : Mon piano, c’est moi, c’est ma parole, c’est ma vie. C’est le dépositaire intime de tout ce qui s’est agité dans mon cerveau aux jours les plus brulants de ma jeunesse. C’est là qu’ont été tous mes désirs, tous les rêves, toutes mes joies, toutes mes douleurs.

Ainsi, ce livre se fonde sur l’idée que la connaissance instinctive peut avoir d’elle-même. Dès que l’âme cède au vertige et à la transe, dès qu’elle choisit l’inspiration plutôt que la réflexion, dès qu’elle préfère la connaissance prophétique à la connaissance philosophique, elle perd aussitôt toute mesure. On comprend ici et là, au fil des pages que la musique, quel que soit son répertoire, quel que soit son inventaire, fait partie de ces magies, elle est même la plus puissante d’entre elles, qui a pouvoir d’arracher l’âme à elle-même, et de la livrer aux puissances extérieures.

Christine Baron, pianiste elle-même, parvient à dompter cette ivresse, en revenant à ce lieu intelligible qui est la terre natale de la vérité de l’âme.

> L’écho de la note bleue de Christine Baron
Editions Au Pays Rêvé – 287 pages

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