fbpx

Un air de famille : Quand Laurent Tardieu s’en mêle

par

Par Mélina Hoffmann – bscnews.fr/ Tout le monde – ou presque – connaît le film de Cédric Klapisch sorti en 1996, lui-même adapté de la pièce de Jean-Pierre Bacri et Agnès Jaoui sortie en 1994. Cette adaptation de Laurent Tardieu est plutôt fidèle au long-métrage, même s’il y est ajouté un côté  » On connaît la chanson » .

On y découvre la famille Mesnard qui, comme tous les vendredis soirs, se retrouve au ‘Père Tranquille’, le café tenu par le frère aîné, Henri. Mais la soirée à laquelle nous sommes « conviés » s’annonce un peu différente des autres puisque c’est l’anniversaire de Yolande, la femme de Philippe, le frère cadet. Les deux frères n’ont à vrai dire pas grand chose en commun. Philippe est d’un tempérament nerveux, tyrannique, et ne jure que par sa carrière professionnelle, tandis qu’Henri, beaucoup plus calme et solitaire, mène une vie tranquille bien qu’un peu triste depuis que sa compagne a décidé de s’éloigner quelques temps. Henri apparaît un peu comme le vilain petit canard de la famille… sauf aux yeux de Betty, la soeur cadette. En effet, la jeune femme célibataire et un peu sauvage n’apprécie pas franchement le comportement des autres membres de la famille à l’égard de son frère. D’autant que ce dernier semble particulièrement désemparé… Malgré la bonne volonté de Denis, le gentil garçon de café, pour tenter d’apaiser la situation, les tensions se font de plus en plus sentir. En cette soirée d’anniversaire, chacun parviendra-t-il à garder son calme ? Rien n’est moins sûr. Préparez-vous, il risque d’y avoir des étincelles !

On passe un bon moment avec cette famille aux tempéraments contrastés et attachants, même si on n’en gardera pas un souvenir impérissable. Immergés dans cette réunion de famille, on ressent si bien l’atmosphère qui règne dans le café qu’on finirait presque par en oublier qu’il s’agit d’un simple décor ! Entre cette mère directive qui affiche clairement sa préférence pour l’un de ses fils à qui tout semble réussir tandis que l’autre souffre en silence dans son bar désert, la fille au tempérament un peu rebelle qui a du mal à trouver sa place, la belle-fille un peu niaise et soumise à son mari, et le garçon de café qui se retrouve bien malgré lui au milieu de tout ça, autant dire qu’il y a de l’animation ! Pour autant, l’histoire manque de fond. On assiste à 1h15 de règlements de comptes en famille, sans intrigue réelle ni surprise. De fait, le rythme est assez plat…A vrai dire, c’est surtout la qualité de jeu et le naturel de Sophie Imbeaux (Betty) et Pascal Seguin (Henri) qui contribuent grandement à garder notre attention intacte. On regrette la manière dont les autres comédiens surjouent un peu, et surtout, quel dommage de retrouver une Marielle Jovine qui réserve à son rôle la même interprétation qu’à celui qu’elle tient dans ‘Toc toc’ l’autre pièce mise en scène par Laurent Tardieu et jouée dans le même théâtre ! Le personnage en question perd du coup pas mal de crédibilité…Enfin, les quelques extraits musicaux qui parsèment le spectacle pour souligner l’état d’âme des personnages apparaissent comme autant de notes de légèreté dans le climat de tension qui règne entre les personnages. Néanmoins, ces brefs interludes nous amènent parfois – et c’est dommage – à sortir de l’émotion du moment et viennent casser quelque peu le rythme de jeu des comédiens. On quitte néanmoins cette sympathique troupe avec le sourire, dans une ambiance festive et conviviale qu’ils nous offrent avec beaucoup de générosité juste avant que le rideau ne se referme.

Un air de famille
De Jean-Pierre Bacri et Agnès Jaoui
Mise en scène : Laurent Tardieu
Avec Pascal Seguin, Chirhane Saïah, Sophie Imbeaux, Julien Sardaigne, Julien Romano, Marielle Jovine, Laurent Tardieu.

Au Théâtre Le Brady.
Les jeudis et vendredis à 20h.
Jusqu’au 27 mars.

A lire aussi:

La traversée de la nuit: une leçon d’espérance par Mlle de Gaulle

Les T.O.C en folie au Théâtre Le Brady

Une relecture de Marivaux par Shirley et Dino? ça badine avec l’humour!

Karim Duval : un voyage humoristique au coeur de la diversité culturelle

Le Revizor: une pièce à l’humour corrosif signée Nikolaï Gogol

Place Royale? Une pièce qui réhabilite l’extravagance de Corneille!

Oyez, oyez, ce bien réjouissant éloge du Paris médiéval !

Un mariage, des flingues et des poissons: une comédie déjantée qui vous convie tous à la noce!

Laissez votre commentaire

Il vous reste

0 article à lire

M'abonner à