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Mozart l’Enchanteur: un allègre voyage musical dans les pas d’Amadeus

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Par Florence Gopikian Yérémian – bscnews.fr/ Si vos têtes folles ne connaissent pas encore Amadeus, il est grand temps de le leur présenter. Pour ce faire William Mesguich a mis en scène un spectacle enfantin sur une idée originale d’Estelle Andrea et de Charlotte Escamez. Durant une heure, ces jeunes artistes vous proposent de partager un condensé de la vie de Mozart à travers le spectre de la magie et de l’inspiration musicale. Qu’il s’agisse de la savoureuse Tartine de beurre ou du fantastique opéra Die Zauberflöte, Mozart l’enchanteur vous entraine dans les pas joyeux d’un petit prodige qui maitrisa son solfège avant même de savoir lire. Parcourant les routes d’Europe aux côtés de son père ou jouant devant les plus grandes cours royales du XVIIIe siècle, Wolfgang a su aussi bien séduire l’Empereur d’Autriche que la Marquise de Pompadour et il a même traversé la Manche pour aller jouer de l’orgue face au Roi d’Angleterre!

Afin de traduire son génie et la complexité de son monde intérieur, William Mesguich a choisi d’entourer le jeune Wolfie de deux personnages subtilement extraits de son opéra enchanté: Papageno et Papagena apparaissent ainsi directement sur scène pour accompagner Amadeus sur le chemin de sa tumultueuse existence: présents à sa naissance comme deux oiseaux de bon augure, ils sont également là pour le consoler dans sa solitude et ne cessent de s’égosiller en vue de lui apporter l’inspiration. Fidèles de bout en bout à cet être béni des Dieux, ces drôles de volatiles animent les planches de leurs ritournelles et de leurs roucoulades amoureuses laissant ainsi le temps à Mozart de quitter l’insouciance de sa jeunesse pour se plonger à corps perdu dans la composition.
Dans cette aventure scénique fraiche et guillerette, seulement trois comédiens se partagent l’ensemble des rôles: c’est avec beaucoup d’espièglerie que la soprano Estelle Andrea offre sa menue silhouette au petit Wolfie et à la gracieuse Papagena. Tandis qu’elle chante ou joue de la flute traversière, on peut voir à ses côtés, le baryton Ronan Debois prêter son beau gosier et son corps plumeux au Roi des Oiseleurs, Papageno. William Mesguich, quant à lui, ne se contente pas de mettre en scène cette allègre pièce musicale, il incarne en alternance le père de Mozart, l’empereur d’Autriche ainsi qu’Amadeus lorsqu’il atteint l’âge adulte. Dissimulé sous ses perruques poudreuses, il offre à tous ses personnages une énergie folle ainsi qu’une élocution magnifique. C’est, comme de coutume, un réel plaisir de l’entendre nous conter de sa voix ample et feutrée les aventures du Prince Tamino, de Sarastro ou de la Reine la Nuit.
Au coeur de cette partition théâtrale, la musique est bien évidemment omniprésente à travers un florilège de sonates, de concertos ou d’opéras chantés en français mais aussi en allemand ou en italien. Concernant la mise en espace, William Mesguich a opté pour un plateau vif et animé d’un charmant théâtre d’ombres. Au fil de l’histoire, on peut y voir apparaitre des marionnettes et des serpents tandis que la scène se recouvre allègrement de partitions et d’une ribambelle de cages à oiseaux. Bien que cette pièce soit destinée aux enfants, on regrette qu’elle pousse un peu trop le côté grotesque: le petit Wolfie ou Papageno y ont parfois une attitude excessivement clownesque qui déprécie l’aspect magistral de la thématique mozartienne. Le jeune public ne semble cependant pas s’attacher à ce petit bémol et se contente de s’émerveiller en ouvrant grand les yeux et les oreilles: pour les plus petits, de trois à sept ans, Mozart l’Enchanteur peut se présenter comme une farandole féerique animée de grands personnages au précieux plumage. Pour les plus grands, ce spectacle sera d’avantage une initiation aux partitions classiques qui leur permettra d’apprécier – si ce n’est pas déjà fait – le génie de cette âme « aimée des Dieux »

Mozart l’enchanteur
De Charlotte Escamez – Sur une idée originale d’Estelle Andréa
Mise en scène William Mesguich
Avec Estelle Andrea, William Mesguich et Ronan Debois en alternance avec l’Oiseleur des Longchamps

– Au Théâtre du Petit Saint Martin – Jusqu’au 3 janvier 2015
17, rue René Boulanger – Paris 10e
Métro Strasbourg Saint-Denis ou République

– Le Jeudi 29 janvier à 20h30 au Théâtre des Sablons
70 Avenue du Roule – Neuilly sur Seine
Réservations: 0155626035

– Du 7 au 29 mars (mercredi, samedi, dimanche à 15h) à L’Espace Paris Plaine
13 avenue du Général Guillaumat – Paris 15e
Réservations: 0140430182
www.espaceparisplaine@wanadoo.fr

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