Beat Generation : Jack Kerouac, Allen Ginsberg et les autres dans un documentaire

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Par Marc Emile Baronheid – bscnews.fr / La Beat Generation, ses créateurs, ses épiphénomènes et ses épigones pas toujours orthodoxes continuent de susciter films, analyses et témoignages, dont de multiples navets. Essai de séparer le bon grain de l’ivraie.

Savez-vous seulement à qui l’on doit les luttes contre le nucléaire, la scélératesse financière, l’homophobie, le racisme etc … ? Et cette indignation mise à la mode commerciale par les marchands du temple ? Aux beatniks, aux inventeurs de la contre-culture. Auteur pour Arte d’un portrait percutant de ce mouvement, Jean-Jacques Lebel a résumé en 52 minutes – nombreuses et superbes archives à l’appui – six heures d’entretiens avec Allen Ginsberg, figure emblématique de la Beat Generation aux côtés de Kerouac et Burroughs. Survol de la vie du trio et analyse des raisons de la venue en France de « déviants » sexuels traqués par le maccarthysme qui ont inventé une culture de masse de tendance libertaire fondée sur la poésie, l’art et sous-tendue par une consommation désespérément gourmande de substances dilatant l’inspiration et le talent, mais pas seulement. Ainsi, prisonnier de son addiction à l’héroïne, Burroughs, réfugié alors à Tanger, tuera sa femme d’un coup de revolver dans le front, lors d’une tentative d’imitation de Guillaume Tell…
C’est Ginsberg qui poussera Dylan à entrer en poésie. Pour viser juste à travers ce « road-portrait » digne des meilleures DVDthèques, Lebel a arc-bouté son propos autour des trois livres publiés en rafale à la fin des années cinquante : Howl (Ginsberg, 1956 – traduit en 58 par Lebel), Sur la route (Kerouac, 1957), Le festin nu (Burroughs, 1959). Autour du trio KGB, on croise Duchamp, Artaud, Genet, Céline et quelques autres dynamiteurs patentés.

« Beat Generation »
film de Jean-Jacques Lebel et Xavier Villetard
Arte/Compagnie des Phares et Balises, 12 euros – info@phares-balises.fr

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