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Lucrèce Borgia : la jeunesse et la provocation du jeune Victor Hugo à l’honneur

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Par Julie Cadilhac –bscnews.fr/Crédit-photo: Nicolas Joubard/ Ecrite par Victor Hugo lorsqu’il avait 30 ans, Lucrèce Borgia transpire de jeunesse et de provocation. Soit. Lucie Berelowitsch n’a donc pas manqué d’appuyer là-dessus et l’on prend un bain de jouvence éclaboussant.

La metteur en scène a conçu la pièce comme une machine théâtrale divertissante; elle est ainsi extrêmement séduisante pour le public adolescent et reçoit d’ailleurs un accueil des plus enthousiastes de leur part. Utilisant à qui mieux mieux des effets clinquants, un décor  » fin du monde » – « trashy fashion » oserait-on dire -, de la musique électronique à plein régime, des acteurs jeunes et plein de fougue, le tout remporte l’adhésion de la génération nouvelle. Cependant , d’un point de vue plus « adulte », la pièce n’a rien de transcendant. Certaines scènes sont quasi inaudibles du fait des choix scénographiques qui placent , pat exemple, le buffet final en fond de scène ; le jeu de certains comédiens frise la caricature – notamment une sorte d’ostrogoth italien, vengeur et hargneux, qui s’agite à l’ouverture. Les déplacements intempestifs récurrents, s’ils veulent souligner l’agitation présente, n’en sont pas moins maladroits. La monstrueuse Lucrèce cependant, empoisonneuse invétérée et joliment interprétée par Marina Hands, a la fébrilité attachante des jeunes âmes et s’en sort plutôt bien au milieu de ce casting exclusivement masculin. Ses rencontres avec son fils Gennaro – fragile soldat à la recherche de sa mère dont il ignore jusqu’au nom parce que fruit d’une relation incestueuse entre Lucrèce et son frère Jean – ont le parfum dérangeant de l’inceste et celui du poids des hérédités qui s’acharnent. Une pièce qui aurait pu davantage enthousiasmer le coeur de tous si elle n’avait pas refusé la facilité des effets théâtraux à la mode et avait eu une direction d’acteurs moins brouillonne lors des scènes de groupes.

Lucrèce Borgia
De Victor Hugo
Mise en scène : Lucie Berelowitsch
Avec : Guillaume Bachelé, Vincent Debost, Pierre Devérines, Antoine Ferron, Jonathan Genet, Julien Gosselin, Marina Hands, Thibault Lacroix, Nino Rocher
Scénographie : Kristelle Paré
Musique: Sylvain Jacques
Lumières: Sébastien Michaud
Costumes : Caroline Tavernier
Conseil chorégraphique: Nasser Martin Gousset
Régie générale: Francois Fauvel
Compositeur et répétiteur choeur des moines: Vincent Leterme

Dates des représentations:

– Du 12 au 16 février 2013 au Théâtre des 13 vents à Montpellier

– Les 8 et 9 mai 2013 à l’Archipel, Théâtre de Perpignan

– Du 15 au 22 mai 2013 au Théâtre du Nord, Lille

Théâtre du Nord, Lille

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