fbpx

Traces: une pièce fort bien bâtie par Le Petit théâtre de Pain

par

Par Julie CadilhacPUTSCH.MEDIA/ Déroutant, audacieux, contemporain ( mais pas trop!), décalé, profondément humain….voilà une série d’adjectifs qui pourraient définir le spectacle « Traces » présenté par Le Petit Théâtre de Pain, « troupe permanente de 17 personnes de langues et de cultures différentes ». Le résultat? coloré, métissé, d’une extrême justesse. Mariya Aneva, Cathy Coffignal, Hélène Hervé, Manex Fuchs, Ximun Fuchs, Guillaume Méziat, Tof Sanchez, Lontxo Yriarte insufflent la vie avec beaucoup de réalisme, l’espace de deux heures, à un petit quartier condamné à être détruit pour la construction de nouveaux complexes résidentiels soi-disants plus agréables à vivre. A l’aide d’une arêne de jeu constituée de trois mâts harnachés de câbles sur lesquels pendent quelques éléments de décors, la troupe investit le plateau avec une mise en scène très cinématographique. Arrêt sur image, retour en arrière, déplacement de la caméra, l’oeil du spectateur est balloté entre divers angles de points de vue. Avec autant de naturel que d’émotion, ces 8 comédiens proposent une réflexion sur l’urbanisme, intelligente et sensible et sur les bouleversements qu’entraînent les transformations d’un lieu: l’homme peut -il facilement s’adapter? Comment accepter d’effacer une partie de son histoire personnelle en voyant ses murs s’effondrer comme un château de dominos? Pour répondre à cette question, Traces propose de montrer les histoires individuelles d’un fragment de population et de les voir évoluer dans leur quotidien. Ainsi, sur scène, déambulent des personnages tous plus « vrais » les uns que les autres: l’ivrogne excédé, la mère célibataire immature, la caissière perturbatrice, le patriarche d’une famille désunie où la réussite sociale annihile les bons sentiments, une mère et son fils immigrés… Si Traces est une pièce ancrée dans des problématiques concrètes , ses personnages ne manquent toutefois pas de folie: les entretiens de l’ouvrier jaloux avec Goldorak, les discours du patriarche lors des repas de famille, les rapports à couteaux tirés de l’assistante sociale avec sa vieille mère jouent délibèrement sur la caricature et n’en résonnent pas moins juste. C’est pour cela que cette pièce est si plaisante à découvrir, on y rit beaucoup! On applaudira également le texte de grande qualité d’Aurélien Rousseau.
Traces? Une pièce intergénérationelle qui ravit par sa fraîcheur et son originalité!

Titre: Traces Mise en scène: Fafiole Palassio Travail du mouvement et de l’espace: philippe Ducou Décor: Ponpon, Josep Duhau Costumes: Muriel Liévin Par Le Petit Théâtre de Pain Crédit photo: Jean Pierre Estournet
DATES:
Au Théâtre Jean Vilar le 10 et 11 février 2011. A Margny-Lès-Compiègnes le 7 juillet 2011

Toutes les dates du spectacle Traces ICI!
Toute la programmation du Théâtre Jean Vilar ICI!

Laissez votre commentaire

Il vous reste

0 article à lire

M'abonner à