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Printemps des comédiens 2010:Babel et Monsieur de Pourceaugnac

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Par Julie Cadilhacbscnews.fr/ Voilà un « divertissement » fort agréable!
La Compagnie de l’Astrolabe nous livre une version atypique d’un classique à mi-chemin entre l’audace savoureuse et le déraisonnable.Un Monsieur de Pourceaugnac polyglotte et coloré!
Coproduit avec le Printemps des Comédiens et né d’une volonté d’échange interculturel franco-sud africaine, la troupe s’est penchée sur cette pièce de Molière qui permettait de « réaliser le fantasme d’un théâtre sans frontière qui parlerait une multitude de langues ».
L’histoire? Une farce cruelle. Les protagonistes? Un dindon d’abord: Monsieur de Pourceaugnac, aussi affable que sot, riche étranger venu épouser Julie, une cruche-tigresse coquettement interprétée par Evelyne Torroglosa. Ensuite, un père sévère facilement corrompu par l’odeur des billets et quelques fripouilles prêtes à aider la fille et son amant Eraste à se débarrasser du prétendant limousin.
Certes, le texte est tantôt malmené par une prononciation exotique, tantôt tordu en audaces linguistiques familières et les puritains ne goûteront pas forcément à cette licence théâtrale. Il est vrai aussi que la jeunesse de certains comédiens atténue parfois la crédibilité des personnages mais justement, toute la saveur de ce spectacle « sur le pouce » est là! Le spectateur est face à une bande de joyeux drilles qui jouent la comédie! qui montent le décor, s’amusent et communiquent leurs envies de badiner au public! Aussi, mise en abyme oblige, on accepte que le père est l’âge de la fille, que l’on ne comprenne qu’une réplique sur deux et l’on se laisse porter par le dynamisme du groupe et sa simplicité… et ça fonctionne!
La profusion des rires du public suffit à prouver que l’on passe un bon moment. La mise en scène de Sébastion Lagord, s’appuyant sur l’omniprésence de la danse et du chant, génère une énergie revigorante qui irradie tout le plateau. Quelques moments forts du spectacle? la tirade du faux-médecin qui s’achève en ballet entêtant ou encore la scène des reproches ménagers des supposées épouses de Monsieur de Pourceaugnac. On saluera l’interprétation brillante de Nicolas Pichot qui jongle habilement avec les rôles.
Une farce désopilante livrée par une bande de lascars talentueux qui fera peut-être dire à certains ,en fin de représentation, « I was not dedans » – voilà tout le hasard des goûts – mais la plupart, assurément, seront séduits par le charme rafraîchissant de cette comédie menée à cuisses battantes!

« Oui, belle Julie, nous avons dressé pour cela quantité de machines, et nous ne feignons point de mettre tout en usage, sur la permission que vous m’avez donnée. Ne nous demandez point tous les ressorts que nous ferons jouer: vous en aurez le divertissement; et, comme aux comédies, il est bon de vous laisser le plaisir de la surprise, et de ne vous avertir point de tout ce qu ‘on vous fera voir. C’est assez de vous dire que nous avons en main divers stratagèmes tous prêts à produire dans l’occasion, et que l’ingénieuse Nérine et l’adroit Sbrigani entreprennent l’affaire. »

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