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Le dernier pour la route – La critique

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Adaptation réussie de l’oeuvre choc d’Hervé Chabalier, malgré quelques moments d’égarements. Cluzet est au sommet

L’argument : Hervé, patron d’une agence de presse, décide d’en finir avec l’alcool. Loin de tout et grâce aux autres, il parvient à combattre sa dépendance, en repartant vers une nouvelle vie…

Notre avis : Pour son premier film en tant que réalisateur, le producteur et distributeur Philippe Godeau a choisi d’adapter le livre touchant et courageux d’Hervé Chabalier, dans lequel ce dernier narre son combat contre l’alcool au sein d’un centre spécialisé. Un sujet casse-gueule, propice à tous les excès, de la mise en scène avinée aux performances larmoyantes d’une tête d’affiche qui peut sereinement viser le César. Il n’en est rien ici, et c’est tant mieux. On peut même parler de grande sobriété (pardonnez le mauvais jeu de mots).
Celle de François Cluzet, en premier lieu, est admirable. Son impassible retenue permet au spectateur d’adhérer pleinement à son personnage et ses vicissitudes. Le personnage d’Hervé subit les événements, les observe, les questionne, exactement comme nous le faisons en découvrant cet environnement très particulier. Par son jeu, l’acteur se fait le réceptacle de nos interrogations au lieu de les devancer et de les annihiler en faisant son numéro (Jack Nicholson dans Vol au-dessus d’un nid de coucou par exemple). Ainsi il est plus aisé de s’identifier à Hervé et d’être touché par le sujet sensible du film. Cluzet est définitivement notre Dustin Hoffman gaulois.
Sobriété de la mise en scène également, qui ne fait pas de vague mais cerne habilement tous les protagonistes à la manière d’un huis-clos classique. On regrettera justement les écarts à cette unité de lieu et de temps, dont les symptômes sont ces malheureux flashbacks, censés illustrer la dépendance d’Hervé, et qui nous éloignent du propos en se fourvoyant dans un voyeurisme vain et rabâché. Ne pas connaître le passé du personnage, en plus d’être une originalité, aurait permis une adhésion plus forte à cet homme et ses tourments potentiellement universels. L’interprétation de François Cluzet allait dans ce sens. L’autre défaut majeur du film est cette relation ratée entre Hervé et la jeune Magali, trop symbolique pour être honnête.
Mais le reste fonctionne très bien, la musique de Jean-Louis Aubert est même étonnamment inspirée. Et tant pis si l’on frôle parfois le film d’intérêt public car l’humour (parfois noir) vient immédiatement tempérer cette impression. A boire…euh à voir !

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