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Bronson – Le film

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Un biopic fortement inspiré par Orange mécanique, qui ne convainc pas tout à fait mais bénéficie de l’interprétation hallucinante de Tom Hardy.

L’argument : 1974. Livré à lui-même, Michael Peterson, 19 ans, cherche à faire la Une des journaux : rêvant de devenir célèbre, il tente de braquer un bureau de poste avec un fusil à canon scié qu’il a lui-même bricolé. Rapidement interpelé, il est d’abord condamné à sept ans de prison. A ce jour, il a passé 34 années en prison, dont 30 en cellule d’isolement.

Notre avis : Le Charles Bronson en question, a.k.a. Michael Peterson, n’est pas l’inoubliable « homme à l’harmonica » de Sergio Leone. Il s’agit en réalité du plus célèbre et du plus dangereux détenu anglais, âgé aujourd’hui de 56 ans, qui a passé près des deux tiers de sa vie derrière les barreaux pour un simple vol à main armé. C’est l’histoire vraie d’un homme qui n’a jamais tué personne mais qui est doté d’une violence animale prodigieuse pour laquelle il a passé 30 ans en isolement cellulaire, à l’écart de ses codétenus et surtout du personnel pénitentiaire. C’est dans ces conditions de solitude extrême que Peterson a développé une fibre artistique insoupçonnée en rédigeant notamment des recueils de poèmes et en faisant preuve d’un goût certain pour le dessin.

C’est d’ailleurs cet exutoire artistique qu’a choisi de mettre en avant Nicolas Winding Refn, l’auteur de la fameuse trilogie Pusher. Ainsi Bronson raconte sa vie devant un public imaginaire tel Monsieur Loyal ou le clown Auguste, symbolisant sa propension à se mettre en scène pour être la « vedette » en prison. Ce pantin tragique ou bouffon magnifique, c’est selon, est évidemment un rôle en or pour Tom Hardy. Il exacerbe jusqu’au dégoût l’intense animalité de Bronson et ses tentatives plus ou moins heureuses de canaliser puis transférer sa violence dans la création.
Malheureusement, le film est à l’image du personnage, c’est-à-dire roublard, peu aimable, voire complaisant. Malgré d’extraordinaires fulgurances visuelles, le rythme est paresseux et le scénario a un goût amer d’inachevé. Et puis, il faut bien le reconnaître, l’esthétique globale du film est fortement inspirée de l’Orange mécanique de Kubrick : la géométrie de certains plans, l’éclairage blafard surréaliste, la voix off, le mélange de violence et de musique classique… C’est sans doute une très belle volonté de rendre hommage au Maître, et il est vrai que le thème de la rédemption carcérale s’y prêtait, mais au bout du compte cela reste du déjà-vu et en moins bien. Cette sentence n’est pas irrévocable, à vous de juger le prévenu.

Sebastien Mauge

Le lien : http://www.avoir-alire.com/article.php3?id_article=11888

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