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« Elisabeth Borne, voyez ce pays… »

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Tribune de Jean-Paul Pelras, rédacteur en chef du journal « L’Agri » des Pyrénées-Orientales et de l’Aude, journaliste et auteur de nombreux ouvrages.

 

Madame,
voyez ce pays où j’apprends que des urgences de nuit sont désormais fermées, avec des soignants démissionnaires car déconsidérés ou en arrêt maladie. Voyez ce pays où, pour prendre rendez-vous chez un cardiologue, un ophtalmologiste, un rhumatologue, un dermatologue, parfois même un dentiste et n’importe quel spécialiste, il faut désormais compter entre 6 mois et un an de délai. Voyez ce pays où des pans entiers du territoire ne trouvent plus de généraliste à moins d’une heure de leur domicile. Voyez ce pays où nous manquons de pièces détachées, de matières premières et peut-être même bientôt d’électricité ? Voyez ce pays où nous dépendons désormais de produits et de productions importées. Voyez ce pays où vous souhaitiez que le télétravail devienne la norme alors que, dans bon nombre de communes, nous n’avons même pas une barre pour téléphoner et aucun réseau internet pour nous connecter.

 

« Voyez ce pays où nous manquons de pièces détachées, de matières premières et peut-être même bientôt d’électricité ? Voyez ce pays où nous dépendons désormais de produits et de productions importées »

 

Voyez ce pays où le pouvoir d’achat diminue de jour en jour derrière le déni de ceux qui, dans vos ministères, préfèrent évoquer une période transitoire, un problème éphémère. Voyez ce pays qui sombre dans la violence là où la pauvreté sert un peu plus chaque jour le bénéfice des actionnaires et les dividendes de plus en plus conséquents de quelques multimilliardaires expatriés. Voyez ce pays qui n’ose plus s’indigner car il n’existe plus de contrepouvoir politique digne de ce nom pour le soutenir et l’écouter. Voyez ce pays déboussolé car habilement divisé par l’hégémonie d’un seul homme et de ses affidés.

 

« Voyez ce pays qui n’ose plus s’indigner car il n’existe plus de contrepouvoir politique digne de ce nom pour le soutenir et l’écouter. Voyez ce pays déboussolé car habilement divisé par l’hégémonie d’un seul homme et de ses affidés »

 

Voyez ce pays où les médias sont aux mains de neuf capitalistes, où l’information est choisie, orientée, calibrée. Voyez ce pays qui ne supporte plus les avantages et les passe-droits octroyés aux politiciens qui, comme vos prédécesseurs, au bout de deux ans de mandat peuvent compter sur une voiture de fonction à vie et sur le chauffeur qui leur est fourni. Voyez ce pays où les députés confondent un peu plus chaque jour l’intérêt de la Nation avec les intérêts de la fonction. Voyez ce pays où des ministres sont choisis pour gouverner le peuple, alors que leurs conjoints dirigent des entreprises du Cac 40. Voyez ce pays où plus rien ne se décide hors de Paris et de ses cabinets de conseils, dans l’entre-soi lutécien de quelques privilégiés totalement déconnectés des réalités.

 

« Voyez ce pays où vous vous apprêtez à imposer la retraite à 65 ans à ceux qui ont travaillé pour un smic dans les usines ou dans les champs alors que l’indécence de vos avantages et de vos indemnités, de Matignon à l’Élysée en passant par le Sénat et l’Assemblée, atteint désormais des sommets »

 

Voyez ce pays contraint par un dogme écologiste qui ne jure que par la taxe et la punition pour contraindre ses administrés. Voyez ce pays où les paysans ne sont plus respectés car on leur préfère les piètres raisonnements de quelques illuminés. Voyez ce pays où ceux que vous représentez et celui qui vous a choisie ont été élus par défaut et par seulement un quart des Français. Voyez ce pays où vous vous apprêtez à imposer la retraite à 65 ans à ceux qui ont travaillé pour un smic dans les usines ou dans les champs alors que l’indécence de vos avantages et de vos indemnités, de Matignon à l’Élysée en passant par le Sénat et l’Assemblée, atteint désormais des sommets.
Voyez ce pays où, lorsqu’ils vont exceptionnellement au restaurant, certains parents ne prennent pas de dessert pour pouvoir le payer à leurs enfants. Voyez ce pays où les gens sont résignés, divisés, fatigués. Voyez ce pays, Madame la Première ministre des Français, où nous n’avons plus le temps, ni les moyens de patienter !

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