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Crime et châtiment : Machine Théâtre se paie la tête de Raskolnikov au Printemps des Comédiens

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La compagnie montpelliéraine Machine Théâtre était sur la scène du Printemps des Comédiens avec une adaptation psycho de Crime et châtiment de Fédor Dostoïevski.

Comment mettre en scène un roman d’une telle ampleur ? Pour Nicolas Oton, ce sera sous l’angle de la psychologie du héros. On se consacre ici à Raskolnikov, cet étudiant devenu assassin d’une usurière (et de sa sœur) qui se faisait de l’argent sur le dos des pauvres. Recentrer l’intrigue sur le cas de conscience en mettant en arrière plan la fresque sociale du roman permet une réflexion sur l’esprit humain et ses tourments. Dans les bas-fonds de la pauvreté, voilà les tréfonds de l’âme humaine sondés deux heures durant.
Raskolnikov, génialement interprété par Frédéric Borie, transpire de complexité : à la fois poivrot, acculé par sa conscience, fou à lier et lucide sur la condition humaine ou sur son déterminisme social, lui qui se rêvait en « Napoléon »… Les autres personnages sont tout aussi riches, notamment les femmes qui entourent le protagoniste. Et voilà qu’on nous présente un enquêteur, ersatz de Columbo, dont l’humanité n’a d’égal que la douce torture mentale qu’il va infliger (non sans beaucoup d’humour) à sa proie.
Le tout dans une superbe scénographie : plateau cendré, arcades de béton, lampadaires clairs-obscurs… Un décor qui habille une dramaturgie onirique et nerveuse ; des jeux de lumière doux et brutaux qui maintiennent la tension dramatique. On pourrait être au fin fond de la Russie comme sous les piliers du périph parisien : la misère de Dostoïevski est bien universelle. Nicolas Oton utilise ce matériel de base pour aller plus loin dans la conscience de personnages imaginés par un auteur qui avait, selon lui, « une pertinence de sa vision de l’humain ». Noir et vivant, ce Crime et châtiment est une interprétation, belle et intemporelle, de l’âme torturée.

Crime et Châtiment
 – D’après le roman de Fédor Dostoïevski
 – Traduit du Russe par André Markowicz

Mise en scène : Nicolas Oton Assistante : Ludivine Bluche Avec : Cyril Amiot, Ludivine Bluche, Frédéric Borie, Elodie Buisson, Brice Carayol, Charlotte Clamens, Laurent Dupuy, Franck Ferrara, Christelle Glize, Manuel Le Lièvre, Patrick Mollo, Alex Selmane, Alyzée Soudet 
Scénographie : Gérard Espinosa 
Lumière : Dominique Borrini
 Son : Alexandre Flory
 Costumes : Marie Delphin 
Régie générale : Mathieu Zabé – 
Régie lumière : Claire Eloy
Production : Machine Théâtre.
Coproduction : Le Cratère, scène nationale d’Alès ; L’Archipel, scène nationale de Perpignan ; Festival Le Printemps des comédiens, Montpellier.

La Compagnie Machine Théâtre est associée au Cratère, scène nationale d’Alès.
Le spectacle a été accueilli en résidence au Centre dramatique national de Montpellier.
Les décors et les costumes ont été réalisés dans les ateliers du Centre dramatique national de Montpellier.
Accueil en résidence au théâtre de L’Archipel, scène nationale de Perpignan et à La Vista à Montpellier.
 La compagnie Machine Théâtre est subventionnée par Ministère de la Culture DRAC Occitanie au titre des compagnies conventionnées, la Ville de Montpellier. La compagnie est soutenue par l’Adami.

Prochaines représentations :
Du 4 au 14 février 2020 – Théâtre du Hangar, Montpellier
Les 29 et 30 avril 2020 – Théâtre de Nîmes et ATP

( Photo D.R)

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