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Yana Bibb : la fille (indépendante) de son père

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Par Nicolas Vidal – bscnews.fr/ Yana Bibb est la fille du célèbre guitariste américain, Eric Bibb (l’interview ici) . Cela pourrait porter à discussion lorsque la descendance fille/fils prend d’une certaine manière la relève. Dans le cas de Yana Bibb, pas du tout. Son talent la place très largement au dessus de ces considérations. A l’occasion de la sortie de «Not a minute to late», le talent de la jeune chanteuse américaine s’impose simplement sans avoir besoin de s’arrimer au nom célèbre de son père. Yana Bibb revient avec nous sur le poids de l’héritage et sur cet album.

Yana, il est indispensable de parler de votre père Eric Bibb. On imagine qu’il vous a initié à la musique ? Par quels moyens ?
Mon père m’a toujours encouragée dans la musique et presque tous les cadeaux qu’il m’a offert au cours de toutes ces années ont été liés à la musique. Mais ce qui a le plus compté pour moi, c’est qu’il m’a permis de suivre des sessions, d’accéder aux studios d’enregistrement, aux balances et aux concerts. De temps en temps, il m’invitait sur scène pour chanter une chanson.

Quel rôle a t-il joué dans votre carrière ?
Il est de bons conseils parce qu’il connait la musique, le business et, surtout, il me connaît très bien, ce qui fait de lui mon référent quand on parle de ma carrière.

En grandissant comment se défait-on de l’image du père pour se construire en tant qu’artiste ? Quel chemin a été le vôtre, Yana Bibb ?
Trouver sa propre identité est je pense la quête d’une vie. La musique continue d’être un excellent moyen pour moi de pouvoir suivre ce voyage. Je découvre de nouvelles parties de moi. Ma musique suit ces changements. Je tente de mettre à profit mon apprentissage ainsi que de m’adapter à la période dans laquelle nous vivons dans ma musique.

Votre famille est profondément ancrée dans la musique. Quelle est donc votre histoire familiale ?
Mon grand-père, Leon Bibb a fait ses débuts à Broadway dans les années 1940. Il s’est fait sa place dans l’histoire en chantant pour le changement social dans les années 60. Ensuite, nous avons John Lewis, pianiste, compositeur et membre fondateur de The Modern Jazz Quartet, qui était le frère de ma grand-mère. Et puis bien sûr, vous avez mon père. Du côté de ma mère il y a quelques musiciens talentueux qui n’ont pas fait de la musique leur carrière.

Comment incarne t-on la relève en tant que chanteuse des racines familiales ?
Je pense qu’il est important pour la nouvelle génération de chanteurs de nous plonger dans la musique de nos héros, d’honorer et de respecter leur contribution. Mais il est tout aussi important pour nous de développer notre propre son en tant que contemporain. Mais nous ne pourrons jamais rivaliser avec l’histoire de la musique.

Le jazz est votre style de prédilection mais cet album se situe aux carrefours du folk et du blues. Aviez-vous envie de vous promener musicalement à la frontière de ces styles ?
J’ai fait un album qui intègre toutes mes influences à ce jour et le résultat est devenu une collection de chansons swing, avec des connotations bluesy et certain un «je ne sais quoi ».

Pouvez-vous nous dire le secret que cache le titre de cet album ?
« Not a Minute Too Late » est le titre d’une chanson que j’ai écrite au sujet du «The One » (trouver la bonne personne au bon moment). Cet album m’a pris beaucoup de temps pour pouvoir le terminer. En tout cas, beaucoup plus que ce que je n’aurais souhaité. Le nommer «Not a Minute Too Late » était comme un tournant positif sur c’est cette question du temps. Rires…

Un premier album où vous signez une grande partie des morceaux et que vous chantez avec une assurance et une maturité remarquable. Pouvez-vous nous raconter la genèse de cet album ?
« Not a Minute Too Late » s’est construit au fur et à mesure des gens que je rencontrais dans ma carrière. Cet album a commencé par une collaboration avec le producteur Glen Scott et Oskar Winberg à Stockholm, en Suède. Il a ensuite continué à Vancouver, Canada, où j’ai enregistré avec mon père et le pianiste Bill Sample. Mais la plupart des airs de l’album ont été enregistrés avec des amis que j’ai rencontrés lors de mes études au City College de New York.

Si vous deviez définir cet album en deux mots, quels seraient-ils ?
Enfin… sourires

L’album ou l’artiste que vous écoutez actuellement ?
«Ray Sings, Basie Swing» avec Ray Charles et Count Basie et Nina Simone « Do not Let Me Be Misunderstood» sont deux albums que j’écoute beaucoup ces derniers temps.

Yana Bibb
Not a Minute Too Late
Dixie Frog ( Photo DR )

www.yanabibb.com

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