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Prelude - Nelson Veras et Airelle Besson

Airelle Besson et Nelson Veras : un duo jazz magique

Par Nicolas Vidal – bscnews.fr / Airelle Besson et Nelson Veras ont enfin gravé dans le marbre d’un album la rencontre délicieuse de leur talent dont ils nous font profiter avec ce prélude d’une classe tout à fait gracieuse. Voilà un disque incontournable tant le point de convergence artistique entre la trompette d’Airelle Besson et la guitare de Nelson Veras est un véritable enchantement, façonné à merveille par ce duo remarquable.

propos recueillis par

Pouvez-vous nous en dire plus sur votre rencontre musicale ?
Airelle Besson : Notre rencontre s’est passée il y a une dizaine d’années lors d’un concert. Nous nous sommes retrouvés sur scène pour la première fois, au club de jazz « Autour de Midi…et Minuit », invités par deux musiciens / amis en commun : Matthieu Chazarenc et Daniel Yvinec. Ce fut pour moi comme un coup de foudre musical : en rentrant chez moi, je me suis dit qu’il fallait définitivement que l’on rejoue ensemble. Après ce premier concert, nous avons tout de suite joué ensemble, très régulièrement, sous forme de « sessions » / répétitions, pour travailler, explorer des modes de jeux et cela pendant des années.

Nelson Veras : On s’est rencontrés chez Daniel Yvinec ; Matthieu Chazarenc nous a réunis pour une session.

Quels sont les points communs musicaux entre vous deux ?
Airelle Besson : L’écoute, l’échange, le risque, la recherche, la non-démonstration, la candeur, l’imprévu.
Nelson Veras : L’écoute, l’envie de se surprendre.

Quand ou à quelle occasion avoir décidé de vous lancer dans « Prélude » ?
Airelle Besson : Quand : après un concert au Paris Jazz Festival il y a deux ans, où les spectateurs ont crié dans le public, au rappel : « et le disque, c’est pour quand? » Plusieurs demandes dans le même sens ont suivi : les gens réclamaient un disque.
C’est cela qui m’a motivé à le faire, je n’étais pas particulièrement pressée de faire un disque, il y en a déjà tellement je trouve ! Donc en quelque sorte, c’est grâce aux auditeurs ! Ce sont eux qui m’ont poussée et motivée.

Nelson Veras : A la fin des concerts, souvent on nous demandait s’il y avait ou s’il y aurait un enregistrement disponible ; je pense qu’Airelle m’a parlé d’enregistrer pour la première fois il y a un an, mais je ne suis pas sûr… (sourires)

Comment s’est préparé cet album entre vous? Aviez-vous déjà une idée bien définie de ce qui allait contenir ou l’avez-vous bâti en jouant ?

Airelle Besson : J’ai pris les initiatives pour la réalisation de ce disque, Nelson m’a fait une grande confiance sur toute la ligne, il n’y a rien que j’aie fait sans son accord.
– Lieu d’enregistrement : je tenais à enregistrer dans un lieu où l’on se sente à l’aise dans le jeu, dans l’écoute. Je voulais enregistrer sans casque, avec nos sons acoustiques, au plus proche de notre jeu en « concert, live » Je ne voulais pas aller en studio pour ce projet-là, mais plutôt investir un endroit chargé d’histoire, avec une belle acoustique naturelle, qui nous mette dans de bonnes dispositions.
Au départ, j’avais eu l’idée d’enregistrer au Théâtre des Bouffes du Nord à Paris, après de nombreux mois de tentatives infructueuses, cela s’est avéré impossible. Donc je me suis mise en quête d’un autre endroit, nous avons finalement enregistré à La Chapelle Du Méjean, à Arles.
– Le visuel : je suis attachée au visuel, avoir un bel objet est pour moi une chose très importante. Il doit être en accord et en cohésion avec le disque et la musique… quelque chose de pur, d’aérien pour notre duo, avec de l’espace et de l’air.
– Le contenu, (principalement mes compositions) en deux temps :
Cela fait des années que nous bâtissons le répertoire, il s’est affiné progressivement. J’ai composé deux morceaux du disque « Neige » et « Fullmoon in K. », quelques jours avant l’enregistrement, nous les avons déchiffrés pendant la séance et avons trouvé l’arrangement sur le moment.

Nelson Veras : Un peu des deux, mais surtout en jouant

Où situez-vous le lien qui unit la trompette et la guitare ?

Airelle Besson : Le lien, c’est l’écoute. Les deux timbres se marient.
Avec Nelson, nous ne sommes pas tant attachés à nos instruments respectifs mais plutôt à la personnalité de chacun. Nelson serait pianiste ou jouerait d’un autre instrument, ça serait pareil…
Il se trouve que je suis trompettiste, mais si je jouais d’un autre instrument, ça serait pareil aussi.

Nelson Veras : Je crois que le lien est surtout le résultat de nos deux personnalités.

On lit de cet album qu’il est un dialogue poétique. Pouvez-vous nous en dire plus à ce sujet ?
Airelle Besson : En effet c’est ce que j’ai lu aussi… La poésie… c’est difficile à décrire, elle se vit !
Je pense qu’en tant qu’artistes, nous évoluons dans un autre espace temps, et que notre musicalité, notre personnalité aspirent a l’intemporel, l’universel…

Nelson Veras : Je trouve que c’est bien que chaque auditeur ait une perception différente selon son expérience et ses références.

Airelle , pouvez-vous nous donner les secrets de votre amour pour la trompette et vos débuts avec l’instrument ?
Les secrets de mon amour pour la trompette ? Il n’y en a pas vraiment, et si ce sont des secrets alors je ne puis vous les dévoiler… ! (rires) Ce que je sais, c’est que j’ai voulu faire de la trompette à 4 ans et que cela était une idée fixe, j’ai donc commencé la trompette à 7 ans et demi et de façon très déterminée.

Nelson, quelle est la part d’improvisation dans votre jeu ?
J’essaie de faire de mon mieux pour que ce soit 100% , mais j’y arrive rarement.

Quel est votre rapport au silence et les notes qui l’entourent dans ce duo ?

Airelle Besson : C’est drôle, cette question revient souvent en interview. Le silence correspond peut-être au laps de temps où l’on s’écoute et où l’on se concentre? Je ne sais pas trop dire… Une note prend de la valeur lorsqu’elle est entourée de silence.

Nelson Veras : Pour moi, parfois, le silence c’est le temps qu’il me faut pour éviter de jouer quelque chose comme si je contournais un obstacle dans une course automobile.

Si vous deviez conseiller un seul morceau à écouter sur votre album, lequel choisiriez-vous ? Et pourquoi ?

Airelle Besson : Aujourd’hui à cet instant, je dirais… (réflexions)… un morceau me vient à l’esprit : « Neige », il a cette particularité d’être complet à plusieurs niveaux:
– il associe à la fois ce qui est de plus actuel dans notre jeu et notre musique, étant le dernier morceau composé et arrivé dans le répertoire, du coup il a cette fraîcheur, nous jouons sur un mode ludique. Il comporte deux parties totalement différentes, la première assez répétitive, enjouée, simple, sur le mode de l’échange et du dialogue, comme deux personnes qui discutent, on se passe un peu « la balle », tel un jeu sur un cour de tennis, et la seconde partie est plus douce, elle laisse la part à l’espace. Je dois dire que ce morceau fait l’unanimité auprès de toutes les générations de spectateurs, les enfants l’aiment beaucoup à ce qu’on m’a dit !

Nelson Veras : Peut être le premier, parce qu’on l’a toujours joué.

Où pourra-t-on vous voir sur scène dans les semaines à venir ?
Le mieux est de regarder sur mon site internet airellebesson.com pour être au courant des prochains concerts. Et bien plus à venir, nous avons beaucoup d’options de concert pour l’année 2015 qui seront bientôt confirmées.

Airelle Besson & Nelson Veras
Prelude (Naïve)

Le site officiel d’Airelle Besson

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