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José James - Photo - Troubles

José James : le pape de la musique totale et sans frontières

Propos recueillis par Nicolas Vidal – bscnews.fr / José James fait partie de cette classe d’artistes géniaux qui tentent tout à la mesure de leur talent et de leur audace. Originaire de Minneapolis, José James a toujours eu un regard différent et magique sur la musique qu’il a écoutée, fréquentée, apprise, disséquée puis jouée à son tour.

propos recueillis par

Lui qui aime à dire que pendant son enfance, un disque majeur sortait tous les mois et qui les attendait tous et toujours avec autant d’impatience, José James va au-delà de ce que la plupart des artistes sont capables de faire et d’oser. Parce que José James se moque des styles et des genres. Pour lui, tout est musique, son et rythme. Entre le hip-hop, le jazz, la soul, José James sait faire avec tout cela et agrandit à lui seul un horizon musical insoupçonné à chaque nouvel album. Troubles a fait un carton. Aujourd’hui, son nouvel opus, «While you were sleeping» prend une nouvelle fois le chemin du succès. Oubliez dès lors tout ce que vous savez et pensez de la musique. José James s’est arrêté un instant pour répondre à nos questions.

Pouvez-vous nous parler de votre première rencontre avec la musique ? À quand remonte-t-elle ?
Mon premier souvenir musical est d’écouter Billie Holiday sur vinyl. J’ai été conquis par sa voix et son style. Évidemment, cela ne m’a plus jamais quitté.

Vous ne semblez jamais avoir apprécié les barrières dans la musique en l’enfermant dans des genres et des styles. À quoi attribuez-vous cela ?
Je n’ai jamais eu cette vision en grandissant. Tous mes amis étaient tout simplement dans la grande musique – The Beastie Boys, A Tribe Called Qwest, Nirvana, 10000 Maniacs, et tout ça. Les années 1990 ont été plus ouvertes sur l’évolution de ce genre de musique.

Qu’est-ce qui a changé aujourd’hui dans l’actualité musicale par rapport à votre jeunesse à Minneapolis ?
Le Hip-hop a explosé avec Rhymesayers. J’ai connu Slug avant que nos carrières explosent. Il avait un plan pour se lancer et cela a bien fonctionné. Minneapolis a toujours été une ville idéale pour la musique et le théâtre.

En somme, attendez-vous aujourd’hui la sortie d’un album comme c’était le cas lorsque vous attendiez impatiemment la sortie du nouvel album d’Ice Cube ?
Pas vraiment. Le marché est tellement inondé de nos jours que tant d’albums vont et viennent, y compris mes propres albums. Cependant j’ai toujours admiré Corinne Bailey Rae, Flying Lotus et Junip.


Si vous deviez aujourd’hui recommander un seul album à des adolescents pour leur transmettre votre passion et votre éclectisme, quel serait-il ?
Hmm, question difficile… Probablement “You’re Dead” de Flying Lotus.

Dès votre adolescence, vous conceviez la musique tout à fait différemment des autres. Est-ce que votre entrée à la New School for Jazz and Contemporany Music vous a aidé dans ce sens ?
Non, pas vraiment. J’ai surtout découvert que j’étais différent des autres lorsque j’étais à la-bas, à la New School. Ce que je veux, ce n’est pas être comme tout le monde mais être moi avant toute chose.

Après « The Dreamer », « Black Magic » , que représente aujourd’hui ce nouvel album dans votre carrière, José James ?
Et bien, j’ai sorti deux albums sur Blue Note, un R&B et un légèrement plus progressif. Je voulais explorer davantage en tant que producteur et auteur-compositeur, mais je me sens beaucoup mieux en tant qu’artiste. Vous devez avoir un album « push » de temps en temps, et c’est celui-ci pour moi. Mais je ne veux pas me sentir trop à l’aise.

Incarne-t-il une nouvelle forme de votre évolution musicale ?
Il s’agit d’une évolution. J’ai toujours été en indie, rock et auteur-compositeur comme dans le jazz. Mais je n’ai jamais eu de cadre pour écrire de cette façon. Il s’agit d’une vision plus complète de moi-même en tant qu’artiste.

Si vous deviez définir cet album en deux mots, que diriez-vous ?
C’est nouveau.

Est-ce que cet album est le nouveau disque de vos conquêtes musicales et de vos nuits d’apprentissage dans les Clubs de Londres ?
C’est vrai que cela a été pour moi un moment très important dans ma vie. J’ai vécu dans l’Est de Londres et j’ai été littéralement entouré de producteurs et de DJs qui faisaient de la musique électronique. C’est une belle et grande communauté et un horizon nouveau pour la musique. Londres est toujours au top.

Avez-vous déjà commencé à travailler sur un nouveau projet ?
Je viens de terminer un nouvel album de jazz avec Jason Moran pour fêter le centième anniversaire de la célébrissime Billie Holiday en 2015. J’ai également entamé une collaboration avec FaltyDL et Taylor McFerrin en musique électronique.

Avec tant d’éclectisme musical et de genres mélangés dans vos albums, avez-vous des appréhensions juste avant la sortie de ceux-ci ? la peur de décevoir par exemple ou de déplaire ?
Pas vraiment. J’espère que les gens comprendront finalement que je passe rapidement d’une idée à une autre et que j’ai trouvé de l’inspiration sous de nombreuses formes. J’espère que j’inspire les gens à aller vers autre chose.

While you were sleeping
José James
( Label BlueNote )

(crédit Photo : Janette Beckmann)

Le site officiel de José James

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