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Le jour où j’ai acheté ton mépris au Virgin Megastore :la société de consommation passée au crible par la Cie Adesso e sempre

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Par Estelle Régnier – bscnews.fr/ « Je ne pensais pas que les gens avaient encore autant d’intérêt pour la culture. (…) C’était une blague. » Le jour où j’ai acheté ton mépris au Virgin Mégastore est une pièce qui donne avant tout à réfléchir sur la société de consommation qui nous entoure.

La pièce instaure une atmosphère effrayante où le but premier est de posséder, peu importe l’objet, matériel ou non. L’intrigue se déroule sur fond de liquidation du Virgin Mégastore : une rencontre, l’amour qui devient possession de l’autre, de ses sentiments, de ses propres sentiments. La relation des amants va petit à petit parfaitement illustrer la folie humaine qui régnait le jour de leur rencontre. À cette histoire s’ajoute le rôle primordial du travail dans la vie de chacun. Rôle qui donne un sens à notre vie, qui nous éloigne de l’ennui et de la routine.
Le jeu des acteurs est remarquable. Trois sur scène, les comédiens incarnent leur rôle à merveille. La folie de Marthe, l’impuissance, voire la soumission de Louis, et le machiavélisme et la manipulation de Thomas plongent le spectateur dans une ambiance tendue, pesante mais surtout dérangeante puisqu’elle représente le climat de notre société actuelle. Cependant, la mise en scène est trop riche : danse, chant, texte, images, musique… La multiplicité des références, l’alternance des supports pour le texte (écrans, chants, vidéos, lectures…) obligent le spectateur à faire preuve d’une attention totale, peut-être trop importante. Le spectateur doit jongler, difficilement, entre les éléments scénographiques abondants même s’ils représentent bien la société dans laquelle nous vivons… Le décor devient acteur et subit lui aussi la folie des personnages. À l’heure où l’on se perd parmi le trop plein d’informations, ici, ce sont les références culturelles qui se multiplient à l’extrême. Chansons tirées des textes de Camille Laurens (Cet absent-là et Ni toi ni moi), Le Mépris de Moravia, l’adaptation cinématographique de Godard, Le Misanthrope de Molière, les noms des personnages tirés de L’Échange de Claudel… tant de références assomment un peu le spectateur et empêchent cette création, somme toute fort intéressante, de prendre son envol.

Le jour où j’ai acheté ton mépris au Virgin Megastore
D’après nos souvenirs de spectateurs des films de Godard et d’Antonioni et du Misanthrope de Molière.
Les chansons sont tirées des textes de Camille Laurens Cet absent-là, récit, Léo Scheer, 2004, et Ni toi ni moi, roman, P.O.L, 2006
Mise en scène : Julien Bouffier
Avec Marc Baylet Delperier, Vanessa Liautey, Julien Guill, Alice David, Nicolas Vallet
Scénographie : Emanuelle Debeusscher et Julien Bouffier
Vidéo : Laurent Rojol et Julien Bouffier
Musique : Dimoné, Eric Guennou, Franck Rabeyrolles et J.C Sirven
Travail chorégraphique : Hélène Cathala
Lumières et régie générale : Christophe Mazet
Costumes : Catherine Sardi
Photos : Marc Ginot

Dates des représentations:
– Création les 4 et 5 février 2014 à L’Onde – Théâtre Centre d’Art de Vélizy-Villacoublay
– Les 7, 8 et 9 février 2014 au Théâtre Jean Vilar de Vitry-sur-Seine
– Les 27 et 28 février 2014 au Théâtre Jean Vilar de Montpellier

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