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Littérature et amour : «Et son livre m’a sauvé la vie»

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Par Félix Brun – bscnews.fr/ Aurélie, patronne d’un restaurant nommé « Le temps des cerises », vient de se faire plaquer à trente deux ans par son compagnon.

Accablée par la tristesse, elle erre dans Paris sous la pluie de novembre : « La douleur rend philosophe. » Elle entre par hasard dans une librairie de l’île Saint-Louis et découvre un roman intitulé « Le Sourire des femmes » : « Il y a dedans une jeune femme qui me ressemble étrangement (….) elle a des cheveux blond foncé ,longs et ondulés, elle est de taille moyenne, mince, elle porte ma robe. Et à la fin, on la retrouve dans mon restaurant, Le temps des cerises, rue Princesse . » Aurélie se reconnait sans hésitation dans le personnage principal de ce livre qu’elle dévore avec passion, convaincue qu’il l’a arrachée au chagrin et au désespoir de la rupture : « Et son livre m’a sauvé la vie. » Aurélie décide alors de rencontrer l’écrivain et l’invite dans son restaurant, mais la démarche devient délicate, impossible même, car en réalité, Robert Miller, l’écrivain signataire du roman, n’existe pas : c’est le pseudonyme d’André Chabanais, un cadre de la maison d’édition, qui a publié « Le Sourire des femmes »….et ce dernier a inventé un personnage, un physique et une vie à son pseudo : « Qu’est-ce qui est vrai, qu’est-ce qui est inventé ? Qu’est-ce qui a vraiment existé, qu’est-ce qui n’a jamais existé ? L’imagination influence-t-elle la réalité, ou la réalité influence-t-elle l’imagination ? » De rendez-vous manqués en quiproquos comiques, par des stratégies finement orchestrées, l’auteur du roman partage avec Aurélie le dîner et la soirée qui étaient destinés à Robert Miller. Parmi les romanciers « il y a ceux que je qualifierais d’auteurs impressionnistes. Leur don consiste à trouver des histoires. (…) Un geste un sourire, la façon dont quelqu’un repousse ses cheveux ou lace ses chaussures …Ce sont des instantanés derrière lesquels se cachent des histoires.(…)C’est ainsi que j’ai trouvé l’héroïne de mon roman dans un restaurant. » La situation est pittoresque, cocasse et truculente : « Il me resta le sourire d’une inconnue, qui m’inspirait et me donnait des ailes. Je la baptisai Sophie, la remplis de vie et l’expédiai dans une aventure que j’avais inventée. Et brusquement, elle se dressait devant moi, et je me demandais, le plus sérieusement du monde, s’il était possible qu’un personnage de roman devienne un être de chair et de sang. (…) Cela relevait presque du miracle que Sophie, l’héroïne de mon roman, surgisse ici et me pose des questions. » Aurélie découvre, avec déconvenue et désenchantement, la supercherie…mais l’attachement réciproque né entre Aurélie et André va faire triompher le miracle de l’Amour.
Nicolas Barreau nous guide dans un Paris insolite, décor de son histoire romantique, et égrène les situations singulières, les confusions et les malentendus. L’écriture est dépouillée et agréable. Peut-on s’autoriser à imaginer qu’il s’agit d’un roman autobiographique ? : « Quand on achève un roman, on se sent très soulagé d’en être venu à bout.(…)Très triste, aussi. Car rédiger les dernières lignes d’un livre signifie toujours prendre congé des héros qui vous ont longtemps accompagné .Et même s’ils sont (plus ou moins) imaginaires, l’auteur les porte dans son cœur. »

Titre : Le Sourire des femmes
Auteur : Nicolas Barreau
Editions : Héloïse d’Ormesson
Sortie en librairie : 6 février 2014

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