Grand Central : Entre les radiations et l’amour, quelles différences ?

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Par Inès Bedrouni – bscnews.fr/ C’est après s’être inspiré du roman « La Centrale » d’Elisabeth Filhol que la réalisation de Rebecca Zlotowski arrive sur vos écrans. En compagnie de Léa Seydoux et du ténébreux Tahar Rahim les spectateurs sont amenés à découvrir les secrets d’un milieu très peu exploité au cinéma : La Centrale Nucléaire. La dimension ouvrière et sentimentale latente l’emporte cependant sur les allures peu attractives du décor.

C’est dans une atmosphère de plus en plus oppressante que le film ouvre ses bras aux spectateurs : les jeunes intérimaires, dont Gary (Tahar Rahim), apprennent dès leur arrivée sur les lieux qu’ils vont devoir lutter contre une menace toxique qu’ils ne verront pas : « la dose, inodore, incolore, invisible elle est partout […] » L’analogie avec l’amour ne tardera cependant pas à transparaître avec Karole (Léa Seydoux), qui, avec son allure simple et naturelle, attire déjà sur elle les foudres du désir de Gary. C’est par le biais d’un baiser radioactif que Karole expliquera à la vue de tous que la dose est l’équivalent de cet aboutissement transcendant du désir. Ce parallèle entre le danger mortel environnant et les effets de l’amour donne au film une construction singulière que nous retrouvons aisément dans la suite des évènements. Mais c’est aussi ce que l’on pourrait apercevoir comme le stéréotype de la rencontre amoureuse qui dévoile déjà une grande partie de la narration et rend le schéma scénaristique quelque peu faillible. Mais quelques secondes de naïveté peuvent suffire à entrer dans le monde visuel instauré par la jeune réalisatrice qui, quoique l’on puisse dire, offre aux pupilles des plans délectables, d’une finesse incontestable et d’ailleurs peu contestée. L’esthétisme particulièrement français de certaines scènes instaure une dimension catégorisée comme poétique, qui, malgré son intention manifeste, ne nous atteint pas forcément : c’est ici que l’écart entre le Beau et l’agréable se creuse.La manière qu’a de tendre « Grand Central » vers une constante symbolique superpose des strates d’univers et, même si leur complémentarité n’est pas toujours pertinente, le film nous implique tout de même dans son récit. Bien que l’aboutissement ne soit pas idéalement surprenant, tout dépend de l’attachement du spectateur pour les tiraillements sentimentaux et les tensions nées dans un monde où tout se joue à une respiration.

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