Quand les classiques prennent l’air du temps

par

Par Soisic Belin – bscnews.fr/ Un respect premier au théâtre élisabéthain avec des hommes et uniquement des hommes pour chaque rôle, un respect également du texte original avec tout de même quelques digressions, des ajouts et des nuances mais surtout une originalité débordante et une excentricité toute appréciable.

Un classique revisité avec un réel professionnalisme, une véritable appropriation et un esthétisme indubitable. Entre le théâtre et la comédie musicale, entre le cirque et la danse, on assiste à un avatar non prétentieux mais qui pourrait l’être, de par son niveau de prestations. Dans l’air du temps, les amours entre hommes et femmes ne sont plus une généralité, la liberté des échanges et des liens se ressent fortement. Juliet est une femme jouée par un homme, à qui l’on a tout de même retiré une partie de son prénom « te » et que l’on drape dans des costumes moulants à souhait : plus nul doute l’ambiguïté règne. Musique rock, électrique, la tension est palpable, la sensualité domine, l’humour de rigueur fait sourire ou rire selon l’humeur. Les langues se délient et se lient sur cette romance à l’italienne : secret, vengeance, tiraillement (entre le bien et le mal)… un trio gagnant qui a fait le succès de Maître William Shakespeare. L’histoire, nous la connaissons, mais la note apportée par la troupe Magnus Casalibus et la mise en scène de Vinciane Reggatieri raviront aussi bien les connaisseurs que les néophytes. Ce spectacle a reçu le Prix du jury au festival d’Angers 2012. Courez-y donc!

Roméo& Juliet
Vingtième Théâtre
7, rue des Plâtrières – 75020 Paris
du 19 juin au 28 juillet
du mardi au samedi à 21h30 et le dimanche à 17h30 – 
Relâche exceptionnelle le mercredi 24 juillet

A lire aussi:

The Maxi Monster Music Show : un bijou musical auquel on ne peut que succomber

Attention, les accalmies ne sont que passagères !

Le monologue d’un joueur d’échecs : la force d’écriture de Stefan Zweig servie par une performance remarquable

Frottez-vous au théâtre d’Harold Pinter: il va vous décongestionner l’intellect!

Operetta : On peut enfin rire à l’Opéra !

Laissez votre commentaire

Il vous reste

4 articles à lire

M'abonner à