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Nietzsche : la bande dessinée idéale pour découvrir le philosophe

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Par Sophie Sendra –bscnews.fr / Une fois n’est pas coutume. Parler d’une bande dessinée dans une chronique « philosophie » est rare, mais lorsque celle-ci met en avant un auteur aussi connu que Nietzsche, il faut le souligner. Même si cette bande dessinée n’est pas sortie il y a peu, il est important de la remettre en avant en ce début d’été. L’esprit a aussi besoin de repos, mais si on peut le faire travailler tout en appréciant un ouvrage de qualité ce n’est que mieux.

Un dessin qui n’en est pas un. Retracer la vie de Nietzsche (1844-1900) n’était sans doute pas une mince affaire, ni pour le dessinateur Maximilien Le Roy, ni pour le philosophe Michel Onfray.
En effet, comment réunir l’univers philosophique de Ainsi Parlait Zarathoustra, de Ecce Homo et le monde de la BD ? L’Idée, bien plus facile à imaginer qu’à faire est une belle réussite. Avec le concours de Michel Onfray, Le Roy signe ici des dessins qui n’en sont pas. Véritables miroirs du nihiliste, on voit Nietzsche, on le suit pas à pas au travers de son enfance, de ses combats intérieurs. Chaque planche pourrait être vue comme des tableaux.
La pensée, déjà expliquée longuement dans L’Innocence du devenir de Michel Onfray (script cinématographique que le philosophe-critique voulait adapter en BD), est présente en quelques lignes, de-ci, de-là comme des ponctuations figuratives à des dessins explicites.
La pensée de Nietzsche n’étant pas toujours accessible au grand public, elle est ici compréhensible et expliquée au travers de la vie même du personnage : un exploit.

Contre l’Académisme
Ceux qui connaissent les rouages de l’académisme savent plus que les autres qu’il est difficile de rendre accessible les « grands » penseurs. Mettre à la portée de tous la philosophie donne parfois le sentiment à certains qui ont l’esprit mal placé, qu’il s’agit de désacraliser les auteurs eux-mêmes.
La philosophie est avant tout une attitude et pas forcément une « matière » comme les autres.
Pratiquer la philosophie, c’est avoir pour attitude de prendre le savoir là où il se trouve (dans n’importe quel domaine) et de le rendre accessible au plus grand nombre afin de le partager. Chose faite ici.
De plus, Nietzsche est d’actualité au travers de sa fameuse phrase « L’Homme est quelque chose qu’il faut surmonter» (Ainsi Parlait Zarathoustra).
En disant cela, il exprime l’idée selon laquelle des concepts se mélangent sans qu’il soit possible pour l’homme de les distinguer tels que Dieu, la morale, la politique, l’humanité (concepts porteurs de valeurs discutables ou non).
En étudiant toutes ces « valeurs », en les discutant, en les « disputant », Nietzsche explique qu’il « dispute » également les habitudes qu’a l’homme de penser, de se créer des « stéréotypes » de savoirs, de croyances qui ne le mènent pas sur le bon chemin du sens de la vie, mais bien au contraire, le perdent. C’est le Gai Savoir.

Le coup de Marteau
On a tendance à dire que Nietzsche philosophe à coup de « marteau » car il est parfois brutal, ou rapide dans ses affirmations, mais cette philosophie est celle du questionnement et de l’interrogation du monde : rôle de tout philosophe qui se respecte et qui respecte le savoir.
On comprend au travers de sa vie pourquoi il critique ce que nous avons tendance à appeler « bien « et « mal » puisque ces notions nous sont imposées de l’extérieur par la société, les religions et autres réservoirs intarissables de valeurs morales.
Il faut donc « nous surmonter » c’est-à-dire nous créer nous-mêmes au-delà du « bien et du mal » qui nous sont imposés.
L’influence de sa propre vie sur sa philosophie est indéniable et c’est ce que vous découvrirez ; Il ne faut pas trop en dire.
Par contre, malgré un académisme philosophique qui s’acharne à ne pas faire de lien entre la vie des auteurs et leurs sujets d’études, leurs livres et leurs idées, Nietzsche, se créer Liberté, (Les Éditions du Lombard, 2010) de Le Roy et Onfray, est une preuve qu’ils ont tort. La chose à « surmonter » (donc à dépasser) en philosophie c’est certainement tous ceux qui composent cet académisme car ils la rendent austère et trop inaccessible pour les autres.

S’il fallait conclure
Pour reprendre cette idée de l’homme, il ne faut pas oublier que l’obscurantisme qui faisait loi au XVIIIème siècle n’est pas révolu, il est proche de nous.
Il détruit, tue, rejette où qu’il se trouve. Pensons que le premier « homme » à surmonter n’est peut-être que nous-mêmes : avant de regarder la paille dans l’œil du voisin, regardons la poutre qui se trouve dans le nôtre.
En revanche, pour lire, gardez les yeux ouverts. Bonnes Vacances…

Nietzsche – Onfray/ Leroy – Editions Le Lombard

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