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Carole Zalberg : L’épopée des résilientes

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Par Stéphanie Hochet – bscnews.fr / Née en 1965, Carole Zalberg consacre une grande partie de son travail de romancière à retracer le parcoursde femmes meurtries mais combattives. Dans ce dernier opus, elle embrasse un siècle d’histoire et donne vie à une famille qui, sur trois générations, trouvela force de s’inventer un destin. Cela commence par un enterrement, celui d’Adèle. L’arrière-grand mère dela narratrice Fleur. La vie d’Adèle a débuté en Pologne, pays qu’elle a quitté après la Première Guerre mondiale au moment des pogroms. Avec ses parents Szmulet Kriendla qui ne parlent que le yiddish, elle s’est exilée en France. Il a fallu fuir, puis s’adapter, pour repartir.

 

La vie a passé, la vieille dame, l’ancienne jeune et séduisante Adèle, s’était rendueen Floride pour y retrouver un ancien soupirant, l’Américain Stanley, s’approcher un peu de ce « rêve américain ». Un rêve qui, pourcertains membres de cette famille, ne se sera pas réalisé ; à défaut d’Amérique ils auront choisi la France ou le combat en Afrique du Sud. C’estainsi que le lecteur découvre le destin d’une jeune passionaria fuyant l’Europe pour se battre auprès des Noirs subissant l’Apartheid.

Écrit avec ce souffle épique qui a donné à son projet l’ampleur d’unetrilogie dont A défaut d’Amérique est le troisième volet (qu’on peut lire indépendamment des deux autres), CaroleZalberg livre un roman sur l’exil et la force de renaître. Le style emporte le lecteur dans la grande Histoire mais aussi celle infime et entêtée de chacundes personnages, avec une sensibilité, une humanité dignes d’une Pierrette Fleutiaux, l’auteur de Nous sommes éternels. Cette histoire dont les ramifications sont féminines est une autre façon de lire l’Histoire du XXème siècle, coup de projecteurs sur les résilients,et parmi eux, les résilientes.

 

A défaut d’Amérique de Carole Zalberg.

Actes Sud, février 2012.

214 pages.

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