fbpx

La Belle au Bois Dormant dessinée par Eric Puybaret

par

Propos recueillis par Julie Cadillac/© Hachette Livre / Gautier Languereau, 2011

Comment a débuté ce travail? vous êtes-vous laissé porter, plusieurs fois, par le timbre singulier et charmant d’Elodie Fondacci et la musique romantique de Tchaïkovski avant de gribouiller vos premiers dessins?
J’ai commencé par lire le texte, des images ont commencé à me venir en tête, puis j’ai écouté avec attention et de manière régulière la voix d’Elodie tandis que je griffonnais les crayonnés. Sa diction, sa manière lyrique d’aborder l’histoire ont, bien sûr, contribué au ton de mes images.

Dans quelle mesure vous êtes vous inspiré des origines russes du compositeur Piotr Ilitch Tchaïkovski pour dessiner l’univers de La belle au Bois Dormant?
Je dois avouer que je n’ai pas du tout considéré ce point. J’ai voulu faire un peu « ma » Belle au bois dormant, dégagé de toute influence ; je n’ai regardé aucune image que ce soit dans l’illustration classique, le dessin animé ou des images de ballet.

Vous jouez beaucoup avec les changements d’angle de prise de vue et de plans: pourquoi?
Pour donner un peu de dynamisme, mon souci est vraiment de surprendre mon lecteur à chaque fois qu’il tourne une page, surtout ne pas être ennuyeux !

Vos lignes de force sont également très marquées, tantôt insistant sur l’horizontalité, tantôt sur la verticalité… quelles sont vos sources d’inspiration picturales?
J’ai des influences d’abord très classiques (et très nombreuses) je citerais Giotto pour le côté frontal et solide de ses compositions et la pureté de ses personnages, David Ingres, toujours pour cette recherche de pureté et de perfection de la ligne. Mais je suis aussi fasciné par tous les artistes tordus capables d’être des inventeurs déjantés.  Je suis de manière générale très curieux et plutôt bon public. Du coup mes influences changent au gré de mes découvertes.

 

Lors de la naissance d’Aurore, on aperçoit par exemple, au second plan, une femme penchée avec son ombrelle suivie d’un « groom » masqué dont la courbure du dos suit celle de sa maîtresse…dans quelle mesure ce travail de lignes de force est-il constitutif de votre trait?
C’est le genre de chose un peu instinctive, quand on veut donner de la solidité et une forme d’harmonie, on tombe sans le vouloir dans des principes généraux du genre ; rythme, nombre d’or, galbe contre-galbe … Tout ça n’est pas calculé, c’est à force de dessiner que ces choses s’installent naturellement et participent au style du dessinateur.

Vous avez imaginé un univers fantaisiste où chaque robe, chaque chapeau, chaque col est différent……un sacré travail pour l’imagination?
C’est vrai que c’est du travail. J’aime prendre du temps pour concevoir un personnage, sa silhouette est très importante, j’aimerais pouvoir être un  inventeur de silhouettes.

Vous puisez dans les ressources de la géométrie pour dessiner les tours, les costumes, les décors..est-ce que je me trompe?La belle au bois dormant
En effet c’est toujours un point de départ,  imbriquer des formes simples les unes dans les autres. C’est un bon support pour l’imagination et cela permet de garder au final des formes claires, facilement lisibles.

Est-ce la première fois que vous dessinez un classique de la littérature enfantine? Est-ce un travail plus compliqué que lorsque vous dessinez pour un auteur jeunesse contemporain?
J’ai illustré en quelques images, pour des participations à des albums collectifs, des contes classiques: le Petit Poucet, la princesse au petit poids, les habits neufs de l’empereur…Beaucoup d’autres…J’ai à chaque fois la même approche que pour la Belle au bois dormant, à savoir être affranchi totalement de l’imagerie déjà existante. Donc, c’est comme illustrer un texte inédit.

Les tours-phare, c’est une de vos obsessions d’illustrateur? Faut-il toucher le ciel pour vivre dans un rêve?
J’adore les phares et globalement les maisons perchées au sommet d’un pic ou d’une tour. J’aime l’image  de cette solidité verticale qui défie la pesanteur des choses. C’est un lieu d’insouciance et de contemplation,en gros, c’est l’image du rêve.

Dessiner en musique, est-ce une expérience que vous réitérerez?
C’est une expérience que j’avais déjà faite notamment pour des livres publiés aux Etats-Unis (Puff the magiq dragon, Nutcracker, Somewhere over the rainbow…)et que j’apprécie particulièrement. 

Titre: La belle au bois dormant
Scénariste: Elodie Fondacci
Illustrateur: Eric Puybaret
Editions: Gautier-Languereau
Parution: 5/10/11
Prix: 22 euros.

Laissez votre commentaire

Il vous reste

0 article à lire

M'abonner à