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Livia Gonzalves : « Mettre en avant des expériences chez le producteur, avec de vrais échanges et des rencontres »

Alors que le déconfinement se fait progressivement et que les Français sont invités à se déplacer dans l’Hexagone pour cet été, Livia Gonzalves n’avait rien prémédité en publiant ce guide des producteurs de vins indépendants. Alliant dégustation, restauration et hébergement, ce guide de bonnes adresses met en avant ce que Livia Gonzalves appelle l’hospitalité vigneronne dans plusieurs régions et il est recommandé pour les vacances à venir dans notre belle France.

propos recueillis par

Pouvez-vous nous dire quelques mots sur l’idée d’hospitalité vigneronne ?
C’est l’idée d’un accueil vigneron, chaleureux et authentique. C’est un producteur qui vous accueillera au domaine, partagera un petit peu de son savoir et de sa passion avec vous et qui vous fera passer un bon moment. J’ai souvent entendu des vignerons me dire que les visiteurs qui réservaient leur hébergement à l’avance sur internet découvraient l’activité viticole une fois arrivée sur place. Je trouve très dommage que les offres d’hébergement viticoles ne soient pas davantage mises en avant.

A qui s’adresse ce guide ? Amateurs, profanes ?
Ce guide s’adresse vraiment à tous les épicuriens. Il n’est pas nécessaire d’avoir des connaissances précises en vin pour le parcourir. Pour chaque domaine, on trouve des informations diversifiées sur les méthodes de travail, l’histoire personnelle des propriétaires, ou encore les activités proposées…. Certaines présentations décrivent quelques aspects techniques du travail à la vigne mais dans l’ensemble les textes sont très abordables.

Comment avez-vous bâti ce guide ? On imagine que les choix ont du être cornéliens ?
En effet, il n’était pas évident de faire des choix au départ. Nous savions que nous ne pourrions pas référencer toute l’offre d’hébergement oenotouristique française et ce n’était pas le but.
Nous avons décidé d’écarter les grosses structures et de nous concentrer sur des domaines viticoles à taille humaine pratiquant une activité d’hébergement. L’idée était en effet de mettre en avant des «expériences chez le producteur », qui permettent de vrais échanges et des rencontres.

Quel est le rapport des vignerons à l’identité ? Est-ce important de le mettre en avant ?
Je pense que ce rapport est très fort ! Chaque vigneron est lié à son terroir, possède sa propre histoire et une certaine vision de son travail. Le vin qui en est issu est un aboutissement mais je trouve intéressante l’idée de découvrir également cette diversité de personnalités.
Mettre en avant ces identités, c’est permettre à chaque producteur de se distinguer mais aussi permettre au lecteur de choisir le domaine où il se sentira le mieux.

Toutes les régions de France sont-elles concernées par ce guide ?
Presque ! Les régions les plus représentées sont Bordeaux, le Languedoc-Roussillon et la Provence. Il s’agit de destinations très touristiques présentant une offre large et qualitative. Je tiens également à souligner le fait que mon projet ait été particulièrement bien accueilli par les producteurs de ces régions.
Plusieurs autres régions manquent néanmoins à l’appel, peut-être est-ce faute de rencontres avec les producteurs. La grande absente reste bien sûr la Bourgogne, à mon grand regret.

Il y a une sélection de domaines mais également une offre d’hébergement et de restauration. Ce livre est publié à point nommé alors que les Français seront contraints de rester dans l’hexagone cet été ?
C’est un concours de circonstances qui permettra sans doute de faire découvrir de nouvelles destinations françaises et de nouvelles façons de voyager. Je serais bien sûr très heureuse que ce livre favorise cette tendance et puisse inspirer les personnes qui le liront.

Au sujet de la crise du Covid19, craignez-vous pour la subsistance de certains domaines ?
Oui, la crise a très fortement impacté la filière vin dans son ensemble et en particulier les petits domaines viticoles qui n’avaient pas la trésorerie pour encaisser le coup, qui comptaient sur les ventes à l’export ou encore sur les salons particuliers.
La diversification des activités avec le développement d’une offre oenotouristique apparaît dans le contexte actuel comme une opportunité de rattraper un peu ce difficile début d’année. C’est du moins ce que nous pouvons souhaiter à ces vignerons, qui ne pourront en revanche pas compter sur la présence des visiteurs étrangers.

Pouvez-vous nous dire quelques mots sur le crowdfunding pour les producteurs ?
Le crowdfunding est très intéressant pour les producteurs car il leur permet de faire financer leurs projets par des amateurs de vin. Au-delà du financement-même, il permet de communiquer sur le domaine, de raconter son histoire, partager ses valeurs ou faire passer un message. Un lien particulier se crée et les personnes qui soutiennent le domaine deviennent plus que de simples clients. Il est possible de fédérer une vraie communauté autour d’un projet ou d’un domaine et ça c’est très intéressant.

Enfin, avez-vous un coup en coeur en particulier dans ce guide ?
J’en ai plusieurs, qui sont d’ailleurs indiqués dans le livre !  Un grand coup de cœur et source d’inspiration a été le Domaine de Saint-Géry, dans la région de Cahors (Sud-Ouest). Un couple parti de rien a transformé un domaine vierge en une ferme magnifique, cultivée en agro-écologique. Tout a été pensé avec beaucoup d’intelligence, les hébergements comme les activités agricoles. Les premières vignes ont été plantées il y a quelques années entre les chênes truffiers. La première vendange devrait avoir lieu cette année, un vin que j’ai hâte de déguster !

Le Guide de l’hospitalité vigneronne – 160 pages aux Editions BBD – à paraître le 10 juin

 

( Même à l’aide d’un guide passionnant, le vin est à consommer avec modération)

 

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