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Paris : dernières nouvelles de la sauvagerie

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Ce roman pourrait s’intituler aussi « Un peu de jour en pleine nuit », tant l’état du monde empire à une cadence vertigineuse.

La vie de Féral est une mélodie en sous-sol. Terrés dans les caves où des lampes brûlent pour tenter de rappeler les aurores d’autrefois, les habitants de Paris se risquent peu dans le clair-obscur des rues. L’ancienne ville lumière ne brille plus que par la violence. La vie est organisée en clans. Féral a trouvé une raison d’être : la cogne. Gladiateur à mains nues, il gagne de quoi survivre avec ceux qui l’ont recueilli. Puis il rencontre Livie, une manière d’ amazone sensible au colosse couturé de cicatrices, physiques et mentales. « Livie lui prend la main. Féral sursaute. Il regarde cette main sur sa pogne rugueuse, sent sa douceur, frissonne ».

Une épiphanie ? Est-il encore temps de croire à l’amour, peut-on revenir en arrière et exiger que tout change, alors qu’on n’est pas prêt à changer soi-même ?

Auteur à succès de livres pour la jeunesse, Erik L’Homme donne ici une fable douloureusement actuelle, qui lance les dernières mises en garde, bouteilles à la mer désormais invisibles dans des océans submergés par les déchets plastiques. Retrouvez une humilité face à la nature, ose-t-il. N’ignorez pas que « C’est la mort qui donne son poids à la vie ». Ce roman cogne comme un direct au foie.

« Un peu de nuit en plein jour », Erik L’Homme, Calmann-Lévy, 173 pages, 17 euros

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