Sepp Blatter : le règne d’un chef d’Etat sans Etat sur la planète football

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On ne prête qu’aux riches. Est-ce grâce à ou à cause de Joseph Blatter que nous pouvons regarder des millionnaires courir après un ballon ?

Le fait est que l’homme avait été engagé à la FIFA comme development officer, mission remplie avec succès. Lorsqu’il en devient le secrétaire général, en 1981, la Fédération n’a pas de réserves financières. Fin 2014, les réserves s’élèvent à 1,523 milliard de dollars. Dans l’intervalle, il a « travaillé dur pour en arriver là ». Il le narre dans un plaidoyer/confession qui a souvent les allures de prélude à un entretien d’embauche frappé d’immodestie. « Ce chef d’Etat sans Etat », comme il se présente, a régné un temps sur la planète foot. Puis on l’a soupçonné et même accusé de vilenies.
Sepp Blatter va vivre à ses dépens l’histoire de Joseph vendu par ses frères : il sera suspendu par la FIFA en décembre 2015 à six ans de toute activité liée au football. Dur, pour un catholique convaincu qui n’a pas besoin d’acheter des voix avant un vote, puisqu’il lui suffit d’aller prier dans une église. Qu’à cela ne tienne. Il est présent à la Coupe du monde 2018, comme hôte d’honneur du président Poutine.

 

« J’ai le meilleur avocat de droit pénal, ce qui ne me sert à rien puisque pour le moment, il ne peut pas me défendre, aucune charge pénale n’étant retenue contre moi »

 

On s’en étonne ? Relisons son livre : « avoir été reçu au au Kremlin par Vladimir Poutine me laisse un souvenir inoubliable ». Bien sûr, « Ma vérité » aimerait blanchir le mouton noir du ballon rond et l’écrire est une façon de plaider sans être interrompu. « J’ai le meilleur avocat de droit pénal, ce qui ne me sert à rien puisque pour le moment, il ne peut pas me défendre, aucune charge pénale n’étant retenue contre moi ».

Don Joseph ne montre pas les crocs inutilement ; qu’importe que l’on déblatère. Il fait sienne cette maxime du nouvel ami kleenex de Donald Trump : « Le sourire reste le meilleur moyen de montrer les dents à son adversaire ». So sprach Kim Yong-Sepp…

« Ma vérité », Sepp Blatter ; avec la plume de Pascal Schouwey. Editions Héloïse d’Ormesson, 17 €

 

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