Michel Moatti : réflexion sur l’irrémédiable dégradation des repères sociaux

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Par Marc Emile Baronheid – Blogs, réseaux sociaux, journalisme classique et information à la sauce internet sous-tendent l’odyssée d’un sociopathe particulièrement féroce.

L’auteur de ce roman haletant, fraîchement lauré au Festival de Cognac, est passé par le journalisme de terrain. Il se consacre désormais à la sociologie des médias. Son évocation de l’irrémédiable dégradation des repères sociaux pose des questions essentielles qui débordent largement le cadre romanesque. Les atrocités commises par le tueur évoquent Shakespeare – « L’enfer est vide, tous les démons sont ici » (La Tempête). Que fait la police ? Selon qui l’incarne, elle navigue ici entre rigueur obtuse et romantisme gercé. Mais il est vrai que, face à un charmant monsieur qui découpe au cutter le visage d’une victime pour le reconstituer ailleurs, les points de repère sont passablement flous. Le coupable n’est identifié qu’après 341 pages. Et rien n’est encore acquis, sinon le talent de Moatti.

« Tu n’auras pas peur », Michel Moatti, HC éditions, 19 euros

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