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Printemps des Comédiens : Le Dur Désir de Durer pour l’intemporel Dromesko

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Par Romain Rougé – Les bretons de Dromesko sont de retour au Printemps des Comédiens de Montpellier avec « Le Dur Désir de Durer », qui fait suite au « Jour du Grand Jour ». Plus mélancolique mais non moins haut en couleur, le spectacle évoque les lendemains qui déchantent, hantés par la mort qui rode. Un spectacle tout aussi poétique que barré.

« Après demain, demain sera hier… ». Ce « Dur Désir de Durer » annonce la couleur : les célébrations ne durent qu’un temps. Et malgré les déceptions, les épreuves, la mort comme une épée de Damoclès, il faut continuer, trouver la force de rester. Dromesko s’atèle cette fois à évoquer le temps qui passe, le désenchantement. Les grands moments de la vie, ceux-là même contés dans « Le Jour du Grand Jour », ne sont plus. Place à la mélancolie et aux tourbillons de la vie.

En lieu et place des traines de mariées et des banquets festifs : des lits d’hôpitaux et des veillées funèbres. Plus nostalgique et mélancolique, le deuxième volet de ce diptyque de Dromesko n’en reste pas moins cocasse : le bestiaire farfelu et les situations décalées assurent une ambiance à la fois barrée et baroque. La frénésie est toujours là. Le spectacle est d’ailleurs traversé par une impressionnante tempête qui souffle à travers la cabane, emportant tout sur son passage, personnages et objets. Bravant les vents, des quidams cherchant un sens à leur vie, résistent aux tempêtes de l’existence. Dans l’œil du cyclone, la vie simplement fragile et éphémère.
Surgit tout aussi furibond un incroyable chassé-croisé, dont seul Dromesko a le secret : une foule d’individus marchant à vive allure sans véritable but, suivant le chemin d’un destin aléatoire et incertain. L’afflux d’anonymes percute et bouscule un homme, stagnant et résistant. On le sait perdu, en proie au doute et sans réel objectif. Il essaie de s’attacher à ces autres. On l’imagine résister à l’appel de la grande faucheuse, peut-être.

Touchant, « Le Dur Désir de Durer » l’est à plusieurs moments. Particulièrement lorsqu’il parle d’amour à travers un vieux couple. Immobilisé sur leur fauteuil roulant, le duo communique par télépathie. Ils réservent leurs sourires attendris à leurs sorties publiques. Continuer de paraître quand l’intimité est devenue trop continuelle, est-ce cela, la solution pour « durer » ?

Et si au fond, l’important était de rester soi-même ? De célébrer, dès que l’occasion se présente ? Finirons-nous autour d’un buffet ? Pour sûr, Dromesko sait recevoir et nous a, encore une fois, rassasiés.

Le Dur Désir de Durer
Théâtre Dromesko
Conception, mise en scène et scénographie : Igor & Lily
Texte : Guillaume Durieux
Jeu, danse, musique : Florent Hamon, Lily, Guillaume Durieux, Violeta Todo-Gonzalez, Igor, Zina Gonin-Lavina, Manuel Perraudin, Jeanne Vallauri
Interprétation musicale : Revaz Matchabeli (violoncelle), Lily (chant), Igor (accordéon)
Son : Philippe Tivillier et Morgane Romagny
Construction décor : Philippe Cottais
Lumière : Fanny Gonin, Kelig Le Bars
Costumes : Cissou Winling
Régie plateau : Lily
Visuel et conception graphique : Lily
Photo : Fanny Gonin-Lavina

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