David Bell : l’addiction comme méthode douce

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Par Pascal Baronheid – Presque tous les chemins mènent à la littérature. David Bell en est une preuve convaincante. Avant d’enseigner l’écriture dans le Kentucky, il a été serveur, barman, libraire, télévendeur.

Elisabeth Hampton étudie à l’université de Denver, Ohio. Elle perd sa mère Leslie, une femme sans histoire. Plus lisse que ça tu meurs. Sauf que la police considère ce décès comme suspect. Plus invraisemblable encore, Ronnie, frère d’Elisabeth, pourrait être impliqué. Leslie a consacré la moindre parcelle de son temps à ce fils trisomique, auquel le liait une proximité et un amour exceptionnels.
Passé le moment d’incrédulité, Elisabeth veut reprendre pied dans le quotidien, mais le contenu du testament, récemment remanié, de sa mère ne laisse pas de l’étonner et de l’intriguer. Ce roman avance lentement, au gré d’un cours sinueux et faussement tranquille. C’est que Bell excelle à distiller le doute et l’inquiétude par doses homéopathiques. Survient un personnage inattendu, puis un autre, plus improbable encore, suivi de situations égarantes. Même les enquêteurs contribuent à accentuer un climat énigmatique dont Ronnie est le jouet.
A lire Bell, on ne frise pas vraiment l’insomnie ; il est possible de l’abandonner, mais jamais pour longtemps. On y revient, parce l’envie de savoir s’impose de plus en plus. L’addiction comme une méthode douce, vous connaissez ?

« Ne reviens jamais », David Bell, Actes Sud, collection actes noirs, 22,80 €
Du même auteur, chez le même éditeur, parution d’ Un lieu secret, dans la collection Babel

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