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GAEL HAMAYON - Radio France

Gaël Hamayon : un amour de culture

Par Nicolas Vidal – Gael Hamayon, délégué aux relations presse et aux relations publiques institutionnelles de Radio France a publié une véritable déclaration d’amour à la Culture via son compte twitter il y a quelques jours. Nous avons voulu en savoir plus sur cette initiative portée par un irrépressible amour de culture. Rencontre.

propos recueillis par

Gaël, vous avez décidé de publier une tribune qui se lit comme une déclaration d’amour à la culture. Pourquoi cette initiative ?
Oui, vous avez raison, cette tribune est une vraie déclaration d’amour, le titre «Culture, je t’aime » s’est imposé à moi avant même de l’avoir rédigé. Car je dois beaucoup à la Culture, énormément même. Elle m’a aidé à aimer à la folie, à surmonter la disparition d’être chers, à vivre des séparations douloureuses mais aussi à comprendre certains épisodes de ma vie, à me connaître mieux, à rencontrer des gens formidables. En 2007, j’ai eu la chance de rencontrer Jeanne Moreau au Festival d’Avignon, de vivre et d’échanger pendant une semaine avec elle. Elle lisait « Quartett » de Heiner Müller avec Samy Frey dans la Cour d’Honneur du Palais des Papes… vous ne ressortez pas indemne d’une telle rencontre ! Aujourd’hui encore, nous échangeons des messages. La Culture ? Je ne cesserai de l’aimer et je souhaite à tout un chacun de vivre cette même passion.

Si vous deviez définir ce que vous entendez par culture, comment la caractériseriez-vous ?
La Culture est un compagnon de route, une ouverture sur le monde, une bouffée d’oxygène, un jardin secret où l’on peut vivre ou revivre des histoires, des rencontres à l’infini.

Personnellement, comment s’est déroulée votre familiarisation à la culture lorsque vous étiez enfant ?
Issu d’un milieu modeste, ma famille a toujours aimé la Culture, sans se gargariser d’avoir vu tel ou tel film, lu tel ou tel livre. Tout ça se faisait avec beaucoup de modestie et de simplicité ; c’est peut-être grâce à leur manière d’aborder la Culture que je l’ai aimée sans préjugé. Tout à commencé avec ma grand-mère, Angèle, qui m’offrait régulièrement des livres à mon retour de l’école. Je lui faisais promettre de m’en acheter un toutes les fois où elle me déposait devant la porte de mon école, le matin. Elle me faisait la lecture à l’heure du goûter, un vrai bonheur ! Ce rituel a duré quelques années. Puis le cinéma est arrivé dans ma vie à l’âge de 6 ans, mon père m’a emmené voir mon premier film « King-Kong », la magie du 7ème Art a immédiatement opéré sur le petit garçon que j’étais : 40 ans après la magie opère toujours et continue à me faire rêver. À 10 ans, mon père m’a offert un magnétoscope, c’était la fête à la maison. Je me suis mis à organiser, tous les week-ends, des séances de cinéma à la maison pour tout le quartier ; on se retrouvait à visionner des comédies, des films d’aventures… J’étais heureux de partager, avec mes amis, les films que j’affectionnais tout particulièrement. L’idée de nous voir rire ou pleurer, tous ensemble, sur la même scène ne faisait que renforcer notre amitié.

Vous parlez d’un sentiment «d’illégitimité de certains pour la culture». N’est-ce pas plutôt du désintérêt pour le fait culturel et l’attirance vers des loisirs plus divertissants ? Autrement dit, l’accès à la culture n’est-elle pas finalement un manque d’appétence ?
Je ne suis pas du tout d’accord avec vous sur ce point, il ne s’agit pas d’un manque d’appétence où de désintérêt pour le fait culturel. Aujourd’hui, trop de personnes se sentent exclus de l’univers culturel. Comme je l’écris dans ma tribune, elles n’osent pas pousser les portes d’un musée, aller à un concert de musique classique de peur d’être jugées ou montrées du doigt alors que l’envie et la curiosité existent en elles. Il faut démocratiser la Culture, tenir des discours fédérateurs qui parlent à tout le monde. L’appartenance à une certaine classe sociale ne doit pas être l’indispensable passeport pour vivre sa passion du théâtre, de la musique, de la peinture, par exemple. La Culture appartient à tout le monde ! Il suffit de la leur faire découvrir pour qu’elle prenne toute sa place dans la vie de ceux qui s’en sentaient exclus.

Que pensez-vous de la place accordée à la Culture dans les différents programmes des candidats à la Présidence de la République ?
La Culture existe dans les différents programmes des candidats à la Présidence de la République. Malheureusement, elle aura été absente du débat. À mon grand étonnement, même les artistes ne se sont pas (encore) réunis pour prendre la parole. Mais une chose est sûre, les clés du Ministère de la Culture et de la Communication devront être confiées à une personne amoureuse de la Culture, des nouvelles technologies, ayant une grande connaissance du milieu culturel, de ses atouts et de ses difficultés, connaissant bien les attentes des artistes et sachant dialoguer et échanger avec eux. Ce ministère n’est pas un ministère comme les autres : la passion et l’amour de la Culture doivent régner à tous les étages !

Quelles mesures prendriez-vous si vous étiez en poste à l’Elysée pour remettre la Culture à la place centrale qui doit être la sienne dans notre société ?
(Rires) Ce serait bien prétentieux de ma part ! Mon rêve serait de voir briller le mot «Culture» dans tous les emplois du temps scolaires (au même titre que le français, le sport, la géographie) dès l’école primaire. Que les enfants puissent recevoir un enseignement culturel ciblé : connaissance des musées, de la musique, de la peinture, en d’autres termes rendre la Culture accessible dès le plus jeune âge. J’instaurerais, au programme dans toutes les écoles, une visite mensuelle obligatoire dans un musée, un théâtre ou un opéra. Et j’organiserais, plusieurs fois dans l’année, une grande fête populaire pour tous dans tous les théâtres de France (en lien avec le ministère de l’Education nationale et le ministère de la Culture et de la Communication) en présence de chanteurs, de comédiens, de danseurs, de Youtuber…

Si vous deviez nous recommander un de vos derniers coups de coeur culturels ?
«Lettres à Anne» (Gallimard), 1200 lettres d’amour de François Mitterrand à Anne Pingeot écrites entre 1962 et 1995 que je recommande vivement à tout le monde sans exception, car l’amour est un sujet universel qui résonne en nous. On y retrouve le talent singulier du Mitterrand écrivain, des poèmes d’amour, une passion folle. Ce livre est devenu mon livre de chevet…

Gaël Hamayon est délégué aux relations presse et relations publiques institutionnelles de Radio France.

(photo C.Abramowitz /Radio France)

Lire ci-dessous La Tribune de Gaël Hamayon :

TRIBUNE GAEL HAMYON

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