Du couvent au bordel : quand le joli monde s’encanaille

par

Par Marc Emile Baronheid – Davantage tourné vers la métaphore, le joli monde s’encanaille à travers le hareng, la poule, le persil, la Dame blanche, pour s’affranchir des conventions et désigner la faune dont il se prévaut.

Une linguiste a collecté religieusement des vocables insolites, réprouvés, imagés, connus des seuls amateurs de grandes horizontales, pour donner raison et absolution à quiconque veut démontrer que « du couvent au bordel, c’est du pareil au même » (Julien Cendres dixit). D’où un glossaire jubilatoire et provocateur, savant et précieux, fil conducteur d’une liturgie superbement païenne. La part belle est faite aux marchandes d’amour et aux variations sur le lupanar. Dédié fort à propos à Régine Deforges, l’abécédaire est soucieux de retenir, parmi la profusion des A.E.J. (appellations érotiques jubilatoires), des expressions toujours en usage, autant que de suivre Emile Littré, ardent à « encourager les efforts contre la désuétude des mots dignes d’être conservés ». Si bien que l’on rencontre, au gré de déambulations édifiantes, Louis XV et pouffiasse, vérole et Saint-Lazare, celle qui va aux épinards et l’ambulante qui entreprend le quidam bien mis. Un vade-mecum pour toutes les bourses…

« Du couvent au bordel – mots du joli monde », Claudine Brécourt-Villars, La Table Ronde, 22 euros

 

Laissez votre commentaire

Il vous reste

4 articles à lire

M'abonner à