Le goût des mots : les houspilleurs et les caresseurs du verbe

par

Par Pascal Baronheid – « Toutes les aurt histoires dites au râlement elles ont pas été tant chanjées et maudit fiées au fil des ans. Elles sont toutes en mil morts sots en blips et toutes en tremêl ». C’est du riddleyspeak traduit en parénigm et paru en 2013. L’auteur : Russel Hoban.

« Do mon pétiot ; do ma dodotte…/Te viens d’teffondrer su’ l’ crottoir/comme un bestiau à l’abattoir/ou comme un qui s’rait en ribotte » (Jehan Rictus, 1914).
Des inventeurs de langue, des houspilleurs du verbe, des marteleurs, des caresseurs. On trouve d’autres charmeurs de mots, dans ce recueil qui célèbre par ailleurs Apollinaire, Raymond Devos, Allais, Rimbaud, Lycophron, Queneau et autres saltimbanques d’exception. Une folle sarabande dont les participants érudits, poétiques, enfiévrés, ludiques invitent à revisiter Babel. Ils sont 37, sans nulle présence féminine. L’apprivoisement des mots a-t-il un sexe ?

« Le goût des mots », textes choisis et présentés par Elsa Gribinski, Mercure de France, 9 €

Lire aussi :

Pef : un virevoltant éloge de la lecture

Jean-Philippe Toussaint : paradoxes du ballon rond

Alison Jean Lester : une brillante et redoutable maturité

Les dictionnaires : les serruriers du monde (2/2)

Laissez votre commentaire

Il vous reste

4 articles à lire

M'abonner à