Les dictionnaires : les serruriers du monde (1/2)

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Par Marc Emile Baronheid – bscnews.fr / « La seule foi qui me reste – et encore! – c’est la foi dans les dictionnaires » aimait à dire Léautaud. Ouvreurs de pistes, témoins, juges de paix, ils sont consubstantiels à l’honnête homme. S’il est encore vrai qu’en France tout finit par des chansons, tout devrait commencer par Le Robert, dictionnaire de qualité supérieure, ouvrage fondamental, autrement important que les espadrilles à talonnettes de l’un ou la mirobolante évasion fiscale de l’autre.

Observatoire de la langue – qui devra peut-être se muer en mirador – et dictionnaire de son temps, Le Petit Robert édition 2016 poursuit sa politique d’accueil des mots migrants, avec une bienveillance qui ne laisse pas d’inquiéter certains, sous le couvert d’enrichir et de nuancer notre manière de dire et de comprendre le monde. Nul n’est obligé à les héberger dans son propre lexique, mais il faut au moins savoir qu’ils existent, pour être prêt à les comprendre et à les utiliser, le cas échéant. L’environnement, les sciences, l’informatique et la planète multimedia, l’économie, la politique, la culture, la gastronomie, le sport, le langage familier, les usages nouveaux dans la francophonie sont pris en compte, désormais. Les citations s’étoffent : plus de 300 nouvelles entrées. Les noms propres et les illustrations de couverture sont les plus sujets à débat, puisqu’ils ont trait à cette misérable vanité qui prend le masque de l’amour-propre. Mais au moins, en ce dernier domaine, sait-on désormais qui sont Ferran Adria et Nuri Bilge Ceylan. Voilà pourquoi le Petit Robert est grand. Et inévitable !

« Le Petit Robert de la langue française », 64,90 euros (avec une clé donnant accès à l’intégralité des contenus du Petit Robert de la langue française et des noms propres)

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