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Les Suds à Arles : « La colère des intermittents et la grève sont légitimes » selon Marie-José Justamond

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Par Victor Stefanini – BSCNEWS.FR / À l’occasion de la 19ème édition des Suds à Arles, qui aura lieu du 14 au 20 juillet 2014 ( lire notre article de présentation ici) , Marie José Justamond, directrice de l’événement, nous présente le festival. Elle fait le portrait d’une culture qu’elle voudrait avant tout humaniste et évoque la grève des intermittents dans la lutte qui les opposent à l’application sur l’assurance-chômage du 22 mars.

Comment est né le festival ? Quelle est son histoire ?
Suds à Arles est né d’une rencontre avec Michel Vauzelle, à l’époque maire d’Arles. Après la conférence de Barcelone, il m’a demandé de proposer un projet qui ait du sens sur la Méditerranée et c’est ainsi que j’ai conçu Les SUDS, à ARLES ; un festival de musique du monde avec, déjà des stages et des rencontres en journée. Le Festival s’est développé progressivement et de façon harmonieuse avec des noms et des dates qui éclairent son développement comme Goran Bregovic, en 1999, Caetano Veloso en 2003 ou Ravi Shankar en 2005.

Pouvez-vous nous présenter votre parcours et votre rôle au sein du festival ?
J’ai travaillé en tant que responsable de la communication aux Rencontres Internationales de la Photographie à Arles de 1977 à 1989. Ensuite, j’ai travaillé en Freelance dans divers domaines culturels en communication et production. J’ai fondé le Festival des Suds en 1996. Au sein du Festival, je m’occupe de la programmation avec l’aide de Stéphane Krasniewski, administrateur et de toute l’équipe, d’une partie de la production et de la coordination. Je m’occupe également de la représentation du Festival à l’extérieur, de son image et de la projection de son développement à long terme.

Si vous deviez décrire, pour un public non averti, « Les Suds » en quelques mots, comment le caractérisiez-vous ?
C’est un Festival de musiques vivantes de tous les pays du monde pendant 7 jours et 6 nuits à Arles dans les sites romains, romans, industriels ou naturels. Les Suds, à Arles ce sont des talents, de la passion, une réflexion sur le monde actuel et une fête partagée.

Avec la venue d’artistes comme Johnny Clegg, Dom la Nena & Danças Ocultas, Tamer Abu Ghazaleh, vous mettez la diversité à l’honneur. Qu’est-ce qui en fait de votre point de vue un atout ?
Bien sûr, c’est un atout, tout comme la biodiversité est indispensable à la survie de l’humanité. Mais c’est aussi une convention signée par tous les états membres de l’UNESCO en 2001, convention malheureusement très peu respectée. Que serait une vie uniforme avec partout la même langue, le même type de musique ou de cuisine ?

Quels messages désirez-vous véhiculer au travers du festival Les Suds ? Et selon vous, quel est le rôle de la culture aujourd’hui ?
Nous souhaitons mettre en avant les valeurs humanistes, celles de la République qui sont tout simplement Liberté, Egalité et Fraternité auxquelles je rajoute donc la Diversité.
La culture cela peut se lire de diverses manières. En principe, c’est de l’éducation permanente qui pour moi passe par des sensations, des émotions et de la réflexion.

La conjoncture actuelle couplée aux restrictions budgétaires auront-elles une incidence sur la pérennité du festival à l’avenir ? Le mouvement de grève des intermittents pourrait-il toucher « Les Suds» ?
Les festivals sont des outils fragiles, et le nôtre comme les autres vont devoir s’adapter à un contexte économique et politique mouvant dans les mois et les années à venir. S’ajoute à cela la question du régime d’indemnisation des intermittents, et là encore, des événements comme les SUDS sont concernés en premier lieu : avec plus de 200 artistes et 50 techniciens, la prochaine édition du festival ne saurait exister sans l’apport des intermittents.
Donc bien sûr, le mouvement de grève peut aussi toucher Les Suds et ce serait très difficile pour notre structure (mais je rassure le public : dans ce cas-là, les places réservées pour les concerts seront remboursées !).
La colère des intermittents et la grève sont légitimes. L’accord du 22 mars 2014 n’est pas un bon accord ; il fait faire peu d’économies et précarise les plus fragiles. Des propositions de réforme du régime, très intéressantes ont été faites par le Comité de suivi (comprenant des syndicats, des députés et des sénateurs). Elles permettaient d’importantes économies et la pérennité du statut ; elles sont justes, vertueuses et adaptées.
Ces propositions n’ont pas du tout été prises en compte dans l’accord du 22 mars. Ce n’est pas acceptable. La seule solution est que le gouvernement relance les négociations ; qu’il fasse ce pour quoi il a été élu et ce qu’il a promis.
Au-delà du problème des intermittents et de la culture, ce que révèle cette crise, c’est encore la prise de pouvoir du monde financier sur le politique (au sens premier de « ce qui concerne la cité et les citoyens »).
C’est le vrai problème et il est international. Mais, en France, nous sommes nombreux à espérer encore que ce gouvernement va se mettre à lutter contre….

( Lire ici notre éclairage sur la grève des intermittents au Printemps des Comédiens de Montpellier )

19ème édition du Festival Les SUDS, à ARLES
Du 14 au 20 juillet 2014
De 10h à 4h du matin
www.suds-arles.com

( crédit photo Florent Grandin)

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