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C’est à voir : Daumier et Cocteau !

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Par Marc Emile Baronheid – bscnews.fr/ Daumier. Chez Daumier, l’expression de la caricature est la partie émergée de l’iceberg. Il fut aussi graveur, sculpteur et peintre. Un peintre qui confiait : « Je recommence tout vingt-cinq fois. A la fin, je fais tout en deux jours ».

L’exposition en cours à Londres fait la part belle à ce peintre, que Nicolas de Staël admirait « parce que Daumier ne critique pas, Daumier ne juge pas ». Selon Baudelaire, il y a dans toute son œuvre un fond d’honnêteté et de bonhomie. Souvent, l’exercice de la caricature est regardé avec moins d’aménité, surtout par ceux qui en font les frais. Que ce peintre en dehors des conventions, cité comme une influence majeure des cinéastes russes d’avant-garde, ait été vu en « Michel-Ange de la caricature » relève moins de l’exercice de l’arroseur arrosé que d’une admiration sincère chez ses pairs, couplée au souhait de reconnaître la portée d’un art à cet exercice d’expression de la pensée critique. Plus largement, le livre propose de réévaluer l’importance de Daumier dans les innovations de l’art français du XIXe siècle à nos jours.

« Daumier – visions de Paris », avec des contributions de John Berger, T.J. Clark, Peter Doig, Catherine Lampert, Sarah Lea, Michael Pantazzi, Edouard Papet & Judith Wechsler, Royal Academy of Arts/Fonds Mercator. L’ouvrage accompagne l’exposition « Daumier (1808-1879) : Visions de Paris », ouverte jusqu’au 26 janvier 2014 à la Royal Academy of Arts, Londres. 44,95 euros

Cocteau.Les auteurs de ce jeu de miroirs où Cocteau, nouvel Adonis, ne cesse d’apprécier ses reflets, ont choisi d’évoquer qui la poésie de vie, qui la poésie de spectacle. On sait à quel point elles se confondent. La nuance est d’autant plus subtile, plus rebelle. Chez Cocteau, tout procède de tout. Bouleversé à 9 ans par le suicide de son père, il vivra dans la hantise d’encore perdre ceux qu’il aime et le souci de les retenir. Séduire, dit-il. Séduire la vie. Et dans le même temps narguer la mort comme on tente d’écarter les loups en nourrissant perpétuellement un feu éclatant. Une vie de funambule, une vie d’amoureux, une vie d’enchanteur, une vie de créateur, une vie de bonimenteur et toutes les autres. Car il faudra à Cocteau autant de vies qu’aux chats, pour que chaque jour défile comme une parade. «Parade», ce spectacle total dont Apollinaire dira qu’il constitue le point de départ d’une série de manifestations de l’esprit nouveau, conjuguant peinture, danse, plastique et mimique pour signer un art complet. L’album somptueusement illustré qui enlumine et illumine Cocteau est publié dans le cadre de l’exposition présentée au Musée des Lettres et Manuscrits de Paris. Au même endroit et aux mêmes dates, une exposition Edith Piaf montre des documents originaux (écrits, archives, dessins, photographies) rendant hommage à celle qui fut une amie de Cocteau. Parallèlement, on sera bien inspiré de lire le flamboyant parcours de la vie et de l’œuvre d’Oscar Wilde, signé par Xavier Darcos. Voyage au cœur d’un esprit libre, touche-à-tout, dispersé, lucide, insatiable, l’ouvrage est un hommage de l’intelligence à la lutte acharnée contre l’imperfection. Il est passionnant de comparer, en Wilde et Cocteau, deux personnalités semblablement baroques mais sensiblement différentes. S’il fallait n’expier qu’une seule distraction de lecteur durant la grande transhumance d’automne, elle concernerait cette charge victorieuse de la carnavalisation moderne.

« Oscar a toujours raison »
de Xavier Darcos
Editions Plon,
20,90 euros

«Jean Cocteau le magnifique – les miroirs d’un poète »
Pascal Fulacher, Dominique Marny, Gallimard/Musée des lettres et manuscrits. 29 euros.
L’exposition est présentée jusqu’au 23 février 2014 (www.museedeslettres.fr). Le n° 66 de « Plume », magazine du patrimoine écrit, lui consacre un dossier (www.plume-mag.com)

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