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Scotch and Sofa : de la Pop classe et cosy

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Par Nicolas Vidal – bscnews.fr / Le duo de Scotch and Sofa s’est livré à nous pour la sortie de leur premier album « Par petits bouts». Avec une pop classe et cosy, il n’en est pas moins vrai qu’elle est poétique et entraînante. Chloé et Romain nous parlent avec passion et légèreté de ce projet musical, de sa genèse et de ses aspirations musicales. Il y a quelque chose de Cocoon chez eux, avec une généreuse tranche de folk, posée sur la voix délicate de Chloé.

En lisant vos biographies respectives, on a l’impression que votre sensibilité et votre formation musicale ont pris le temps de se construire et de s’apprivoiser. Est-ce le cas ?
Oui complètement. En psychologie systémique, on décrit la relation entre deux personnes comme un être vivant, c’est pareil pour le duo, notre rencontre avec Chloé a créé cette troisième entité qu’est le duo. Il a fallu comprendre son fonctionnement et apprendre à s’en servir.

Pour chacun d’entre vous, quelles ont été vos principales influences ?
Chloé : Les Beatles à tous les étages, pas mal de chanson française, Gainsbourg époque Birkin, Camille pour sa désinhibition avec le français et Pauline Croze pour son phrasé.
Romain : Beaucoup de folk, pop (Bon Iver, Feist), les derniers albums de Talk Talk et Mark Hollis pour le dépouillement et l’élégance des arrangements, Q-Tip et les Roots pour le rythme.

Et vos parcours musicaux respectifs ?
Romain : J’ai commencé la guitare en autodidacte à 15 ans, j’écoutais du rock, c’était l’instrument maître. La guitare classique de ma sœur traînait par là dans l’appartement de mes parents. Comme tous les ados, j’ai joué du Hendrix, Nirvana et autre musique de gros chevelus tatoués … sur une guitare sèche.
Chloé : À l’inverse j’ai étudié le piano classique au conservatoire de mes 6 à 18 ans, dans un environnement plutôt strict. C’est ensuite la découverte du chant et des musiques actuelles qui m’ont permis de goûter à la liberté d’expression et d’interprétation, à ces moments de flou, d’expérimentations et de recherches qui m’ont manqués durant mon apprentissage classique. Monter des groupes et faire sa propre musique, c’était pour moi la liberté.

Comment s’est formé Scotch and Sofa ?
En une seconde. « On fait un groupe?… Ok. » On avait tous les deux envies de cet espace que permet le duo, des notes de musique et beaucoup de silence. On a débuté guitare-voix en cherchant notre style, puis on a ajouté -par petits bouts- la basse, la beatbox, un sampleur, des claviers. Toujours en imaginant notre musique comme un Lego construit à partir d’éléments simples.

Pouvez-vous nous parler de cet endroit célèbre à Montpellier, le Jam où vous semblez avoir des histoires communes ?
Romain : C’est justement l’endroit de notre rencontre. L’année passée là-bas a été un moyen de me décomplexer de mon état d’autodidacte et d’apprendre les rudiments de la musique.
C’était surtout un endroit pour rencontrer des musiciens, monter des groupes, fumer des clopes.
Chloé : après 12 ans passés derrière les « barreaux » du conservatoire, le Jam m’a donné l’occasion de jeter les partitions, de faire de la musique à mon rythme, et de fumer des clopes.
C’est ici que j’ai débuté le chant à 17 ans, j’y ai fait mes premiers concerts en tant que chanteuse.

Y-a-t-il une signification particulière au titre de votre album  » Par petits bouts » ?
Nous avons mis 7 ans à composer et mûrir cet album, beaucoup cherché pour trouver une manière de raconter (en français) qui nous paraissait juste. Nous avons construit, déconstruit, jeté, reconstruit …Le nom du disque décrit ce processus, par petits bouts et pas à pas.

Et concernant le nom du groupe  » Scotch and Sofa  » ?
C’était au départ pour définir les conditions d’écoute de notre musique, un verre de scotch confortablement assis dans un sofa … C’est déclinable, un Campari orange dans un Chesterfield ou un Bloody Mary en tailleur sur un Louis XV fonctionnent également.

Comment définiriez-vous musicalement cet album alors même qu’il est à la croisée de plusieurs genres ?
La couleur du disque est à l’image des deux invités – Ours et Oxmo Puccino – qui sont venus nous tenir compagnie sur deux titres. C’est un disque de chansons en français ouvert à toutes nos influences. On peut entendre l’influence du hip hop avec des rythmiques en avant sur « Visite des recoins » et « Ça se », de la pop et du trip-hop (« Je glisse » et « Graine d’insomnie »), d’univers plus acoustiques sur « Le sésame pour les cieux » et « Le long de l’eau ».
Notre envie a été de le différencier du live, on voulait produire chaque chanson sans restrictions ni contraintes, ajouter des cordes, de la batterie, des claviers.

L’un de nos confrères disait de vos chansons qu’elles étaient  » des textes faussement simplistes ». Comment s’est passée la collaboration avec Céline Righi ?
Très naturellement … Céline a un style d’écriture très personnel, les thèmes qu’elle aborde ont trouvé un fort écho chez nous, et nous avons en commun l’intérêt pour le jeu avec les mots, leurs sonorités et leur rythmique.
On est souvent parti des mots pour composer, par exemple sur « Ça se » qui raconte l’impermanence de la relation amoureuse, le texte qui est une longue énumération nous a inspiré la rythmique du morceau, très saccadée.
Sur « Je glisse » on a essayé de coller à l’intériorité qui se dégageait des mots, en cherchant des paysages sonores denses et épais desquels pouvait s’échapper la voix, plus aérienne.

Préparez-vous déjà un second album ?
Oui on est dessus en ce moment, en train de finir l’étape de la composition et des pré-prods. La dynamique de fabrication est complètement différente de celle que nous connaissions jusque-là. Sur le premier disque, les étapes de composition, d’arrangement et de production étaient mêlées et simultanés, on faisait tout en même temps. Pour le deuxième on suit un autre process, on compose guitare-voix dans la cuisine, et on n’en bouge pas tant que la chanson ne tient pas debout. Ce n’est qu’une fois cette étape franchie que nous passons en studio pour maquetter et commencer à arranger. Comme la plupart des groupes, on met vingt ou trente ans à faire le premier disque, deux ans pour le second. Du coup on se met moins de pression, on est plus dans le plaisir de faire.

Où pourra-t-on vous voir sur scène prochainement ?
Nous rentrons d’une tournée en Russie, et nous avons pris beaucoup de plaisir à rencontrer les gens. On a trouvé un public très accueillant et chaleureux, curieux de la rencontre.

Les prochaines dates de Scotch & Sofa
21 sept : festival Musik’elles à Meaux (77)
22 Sept-5 Oct : tournée en Chine

> Scotch & Sofa – Par petits bouts – Feat Ours & Oxo Puccino

Le site officiel du groupe

(Crédit photo Liza Rose )

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