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François Cérésa :  » Je suis un aventurier de l’art perdu »

Propos recueillis par Emmanuelle de Boysson – bscnews.fr /L’interview de François Cérésa suite à la parution de son dernier roman  » le roman des aventuriers » aux Editions du Rocher.

propos recueillis par

Pourquoi avez-vous choisi de faire le portrait d’aventuriers ? Qu’est-ce qui vous fascine chez eux ?
Ce sont « mes » aventuriers, sachant qu’un aventurier peut être positif ou négatif. Pour qu’un aventurier vive ses aventures, il doit être sans foi ni loi. Un aventurier qui commence à réfléchir ou qui se met en scène (comme aujourd’hui avec les navigateurs) est un imposteur. L’aventure, c’est l’imprévu, l’inattendu, l’inconscience. Etre seul face aux éléments. Donc une sorte de héros de tragédie grecque.

 

Parmi vos choix, vous mêlez des écrivains, des peintres ( Le Caravage) des acteurs ( Errol Flynn, acteur australo-américain), des personnages de roman ( Rhett Butler), de BD ( Tintin), des cow-boys, des Indiens, pourquoi ces choix ? Quel est leur dénominateur commun ?
Beaucoup de gens différents, réels ou fictifs, car ils font rêver. Certains, comme Fournier-Sarlovèze, cavalier de légende sous l’Empire, qui a servi de modèle à Conrad pour écrire « Duellistes », étaient des fripouilles pleines de charme, comme Burt Lancaster dans « Vera Cruz », bref, de sales mecs. L’improbable Errol Flynn (décalage énorme entre son physique de jeune premier innocent et son caractère de potache infernal) a vécu des aventures comme on n’en rêve même pas. L’impossible Rhett Butler est le héros qui n’existe pas et qu’on aimerait être. Le génial Caravage a existé et a fait chier tout le monde pendant sa courte existence. Lancelot du lac trouve le moyen d’aller se taper la femme de son roi. Ulysse est un baratineur qui nous fait penser à certains hommes politiques actuel. Mais tous ont en commun une certaine forme d’inconscience. Ce sont des libertaires, les cousins germains des chevaliers, des flibustiers, des explorateurs, des pionniers d’autrefois.

Lesquels préférez-vous et pourquoi ?
Fournier-Sarvolèze et Errol Flynn car ils se fichaient de tout et ne respectaient rien. Mais quels personnages ! Quel courage ! Quel panache ! Quel tempérament ! Courage, panache, tempérament : les trois tétons d’une France qui n’existe plus !

Vous avez eu raison de décrire les aventures d’héroïnes, comme Mary Read et Anne Bonny, deux flibustières au caractère bien trempé, de Nellie Bly journaliste américaine qui fit le tour du monde en soixante douze jours, de Karen Blixen…. Pensez-vous qu’elles ont dû se battre plus que les hommes, ces « galantes », comme vous dites ?
Elles se sont battues plus que les hommes, car la liberté et l’égalité leur étaient interdites. Et quand je dis « galantes », je le dis au sens plein du terme, car ces femmes d’exception avaient de la tenue. Je pense également à la magnifique Alexandrine du Tencin, aventurière au sens coquin du terme, maîtresse du Régent et de l’abbé Dubois, surtout maîtresse de la vie, de son destin, qui n’a pas fait que se battre plus que les hommes, mais qui les a tout simplement battus. Seul point noir : cette libertine à la tête bien faite n’a jamais voulu reconnaître son fils, d’Alembert. Eh oui, l’auteur avec Diderot de l’Encyclopédie.

Dans ce « roman » vous êtes très présent, à la fois drôle, cinglant, passionné, vous évoquez vos souvenirs, vous vous dites « un aventurier » ?Aujourd’hui, quelles aventures menez-vous ? N’y a-t-il pas chez vous un peu de nostalgie dans cette quête des aventuriers ?
J’ai fait beaucoup de choses auxquelles je n’avais pas réfléchi et j’ai réfléchi à beaucoup de choses que je n’ai jamais faites. Pour paraphraser Audiard : « Un aventurier qui marche va plus loin qu’un con qui pense ». Je suis un aventurier. L’aventurier de l’art perdu !

« Service littéraire » fête son cinquantième numéro. Un petit bilan ?
On fête le numéro 50. A l’origine, on ne devait faire que douze numéros : on en a fait cinquante ! Qui, de nos jours, se lance dans la presse écrite ? D’autant que le journal progresse tout doucement et que nous n’avons aucun soutien promotionnel.  Les premiers à m’aider sont les auteurs qui collaborent à « Service Littéraire ». Je ne cesserai jamais de les remercier. Je pense à Olivier Bardolle, Michel Déon, Philippe Bilger, Jean Tulard, Alain Paucard, Gilles Martin-Chauffier, Bernard Morlino, Eric Neuhoff, Annick Geille, Stéphanie des Horts, Frédéric Vitoux, Ariane Bois, Roland Jaccard, Jacques Aboucaya, François Bott, Jacqueline Demornex, Alain Malraux, Gérard Pussey, Philippe Lacoche, Patrick Besson, Franz-Olivier Giesbert, Philippe Vilain, Jean-Philippe Guerand, Cécilia Dutter, Gérard de Cortanze, Alfred Eibel, Guillaume de Sardes, Christian Millau, Anthony Palou . L’aventure c’est l’aventure !

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