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Salves: entre théâtre muet et non-danse, Maguy Marin balance

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Par Julie Cadilhacbscnews.fr/ Certes l’enthousiasme final du public influence le jugement critique et le déploiement d’effets de lumière pertinents, la célérité impressionnante dans les changements de costumes et dans les déplacements, la gestion des corps et des objets sur le plateau sont admirables et  au service d’une esthétique superbe à applaudir… pourtant on ne peut s’empêcher de trouver que Salves sonne un peu creux ou est en tous cas bien trop cérébral pour permettre à l’émotion de toucher profondément l’âme.

Maguy Marin explique qu’elle a cherché  » à faire surgir ces forces diagonales résistantes ( en référence à Hannah Arendt), sources de moments qui survivent dans l’oubli, ces voix qui, au fond des temps, nous font signe ». Elle précise que ce spectacle travaille « notre pessimisme et nos peurs et ainsi » échappe  » à celle, ambiante, qui nous écrase et nous rend impuissants, tristes et fourbus. ». L’ambition de créer un spectacle à portée philosophique oblige à faire du livret de présentation  un mode d’emploi indispensable pour comprendre un spectacle et rien qu’en cela, il semble que son intérêt en soit diminué. Assurément, le spectacle génère du sens mais l’ensemble est décousu. A l’instar de la vie diront certains…Sur le plateau, se matérialisent nos angoisses viscérales et l’humour n’est pas absent de certaines scènes. On aime voir la femme à la robe blanche aspirer par la terre meuble, on est fasciné par la rapidité et la dextérité des voleurs d’Art, on sourit malgré nous devant le « banc sauteur ». Pourtant on regrette l’utilisation facile de certains clichés, même s’ils sont représentés de façon esthétique: la grande Faucheuse qui traîne le corps dénudé du défunt, le fil d’Ariane ou le fil de la vie que tissent les Parques, la mariée étourdie de folie, le meurtre, la sénilité sont montrés en tableaux itératifs, obsédants mais n’interpellent pas tant ils se superposent plutôt qu’ils ne se lient. L’accumulation d’effets sonores agressifs finit par agacer. La fin est une explosion de couleurs et de lumières qui surprend sans raison dramaturgique patente et puis, un détail certes!, mais que vient faire l’icône religieuse accroché à un hélicoptère téléguidé? En vérité, le non-sens est à la mode et le spectateur contemporain apprécie d’être dérangé dans ses représentations, aime qu’une large liberté soit laissée à son interprétation; pourtant l’on oublie grandement que si l’absurde est cette difficulté de l’homme à comprendre le monde dans lequel il vit, la peinture brute d’un chaos sans l’ombre d’une solution peut être grandement inconfortable et ne pas remporter l’adhésion complète du public….

 

Salves

Conception : Maguy Marin

En collaboration avec Denis Mariotte

Interprétation : Ulises Alvarez, Teresa Cunha, Matthieu Perpoint, Ennio Sammarco, Agustina Sario, Jeanne Vallauri, Vania Vaneau

Direction technique et lumières : Alexandre Béneteaud

Conception et réalisation du dispositif scénique : Michel Rousseau

Éléments d’accessoires : Louise Gros, avec Pierre Treille

Réalisation des costumes : Nelly Geyres

Son : Antoine Garry

Coproduction : Biennale de la danse de Lyon, Théâtre de la Ville, C.C.N. de Rillieux-la-Pape/Compagnie Maguy-Marin

Subventionné par : D.R.A.C. Rhône-Alpes, région Rhône-Alpes, département du Rhône, ville de Rillieux-la-Pape

Avec le soutien de Culturesfrance (pour ses tournées internationales)

Les 13 et 14 décembre 2011 dans le cadre de Montpellier danse, au Théâtre des 13 Vents

Les 3,4 et 5 avril 2012 au Théâtre du Toboggan ( Décines)

 

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