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Até: un laboratoire scénique où l’ennui fait écho

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Par Julie CadilhacPUTSCH.MEDIA/ Até©DR/ Tout présageait une pièce pertinente et donnait à entendre que si, assurément, le propos serait exigeant, la mise en scène apporterait sur le plateau le lien sémantique et offrirait de belles envolées esthétiques. Alain Béhar proposait d’explorer « les possibilités de vie » qui émergent d’après la » révolution numérique ».

 

Aussi,immédiatement,projections, webcams, téléphones cellulaires, l’évocation des réseaux sociaux et des jeux de rôle, inondent la scène et cherchent à plonger le spectateur dans un étourdissement d’informations. Até, fille de la discorde qui sème partout l’erreur, est la déesse démiurge sur scène: on vous laisse donc imaginer la cohérence de l’ensemble. Au départ, l’omniprésence d’une silhouette numérisée, comme protagoniste à part entière, a de l’intérêt et même une certaine poésie; on est hypnotisé par cette femme virtuelle qui respire, vibre et réagit aux interactions du plateau… mais le texte, insupportable de snobisme tant il accumule en fourre-tout des références culturelles et des réflexions philosophiques, gâche tout. Oui, dans Até, les dialogues sont aussi prétentieux que creux et il faudrait rappeler que ce n’est pas parce que l’on fait montre d’un ramage intellectuel que l’on est brillant. Le génie, c’est aussi d’être accessible or cette pièce empile des notions philosopho-baragouino-déliro-sociologiques bien risibles. Et pourtant, parfois, une phrase se détache et le temps d’une seconde, brille par sa poésie brute. On regrette alors que ça ne dure pas plus longtemps. La scénographie pourrait être pertinente et on a notamment cru que la séquence finale réussirait enfin à nous séduire dès lors que les personnages, réels et virtuels, se sont installés à une même table perchée. Peine perdue: le ton était donné d’emblée: du théâtre contemporain qui torture le spectateur tant il se moque de son plaisir. Sur scène, de façon arbitraire, on parle au micro, on joue du piano ( très bien d’ailleurs!), on devient  derviche tourneur sous prétexte de libérer la parole, on met ses fesses à l’air, on progresse à quatre pattes, on incarne un abbé, on trinque pour le jour de l’an, on vomit et jamais, jamais, on ne s’interroge sur le sens final de tout cela. Que cherche-t-on à démontrer? que le monde perd la tête et ses repères avec la révolution numérique? que l’informatique nous tue? Les spectateurs sont-ils si stupides qu’ils ne s’en sont pas rendus compte? Les messages les mieux transmis sont de loin ceux qui sont les plus digestes….

Titre: Até

Création de la Compagnie Quasi

Texte et mise en scène: Alain Béhar

Durée: 1h45

Au Théâtre de la Vignette (Université Paul Valéry – Montpellier) du 5 au 9 décembre 2011

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