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Greenshape : un artiste français bourré de talent

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Propos recueillis par Nicolas Vidal – bscnews.fr/ Greenshape est une personnalité atypique qui propose un univers musical bien à lui. Tout chez lui est une histoire de racines, de passé, de candeur et de sensibilité. À la fois ancien boxeur, autodidacte, séducteur, le tout reposant sur personnalité sensible et intelligente, il a su créer avec talent sa musique pour mieux servir un univers singulier. Enfin quelqu’un qui sait nous raconter de belles histoires dont on a envie de connaître le dénouement. C’est fin, intelligent, littéraire, bourré de talent et ca s’appelle Greenshape.

 

Green Shape, pouvez-vous nous en dire plus sur ce nom vous qui venez de Valenciennes ?
Ça aurait pu être le nom d’un catcheur mexicain et ça en a peut être la signification ou la symbolique finalement, je ressentais le besoin de me cacher derrière un pseudo plutôt flou, l’évocation d’une forme qui ne soit pas définie, hormis par sa couleur , est quelque chose qui permet une ouverture sur tout un tas de champs, Greenshape pourrait dès lors devenir un projet artistique ne touchant pas au domaine de la musique.

On sent chez vous une grande maturité musicale probablement née d’une grande connaissance du même ordre. Vous disiez dans une récente interview que vos inspirations musicales plongeaient dans le coeur des années 60-70. De quoi sont constituées vos influences ?
J’ai grandi avec Cat Stevens, les Beatles, David Bowie et Led Zeppelin , mon beau père est un véritable érudit de cette periode et nous échangeons constamment  nos decouvertes .
 » Regarde, un live inédit de Crosby, Stills, Nash and young !  »  ;  » Tu as le concert à Central Park de Simon& Garfunkel ? » : c’est devenu une espèce de monomanie cette  époque.
Les artistes contemporains qui me passionnent  ( Fleet Foxes, The tallest man on earth, Micah P. Hinson ) sont directement influencés par ces années d’ailleurs.

Vous aimez raconter des histoires. Votre album Storyteller aurait pu être un roman. Est-ce que vous écrivez vos chansons comme un écrivain ?
C’est  vrai que mes chansons sont plus proches du roman que du poème, j’essaie des les articuler comme des nouvelles en général, des petits contes.
Les chansons autobiographiques m’ennuient mais on ne fait pourtant que se raconter quand on chante. c’est peut être par pudeur alors que je ne chante que rarement le  » je », ça permet aussi de mettre un peu d’universalité dans tout ça..

Il y a des écrivains qui se font les chantres d’une littérature sociale. Vous considérez-vous comme un musicien de cette trempe?
La seule chose que j’ai à revendiquer c’est que l’on vit une époque qui brille par son manque d’humanité, ça dépasse le politique, ça irradie les gens et ça nous rend souvent con .
J’essaie finalement de faire comme tout le monde, de voir l’étincelle au fond du trou noir et de faire la même chose en chanson : être optimiste dans la mélancolie qui nous fait et nous entoure.

Passer de la boxe à la scène n’est pas chose commune surtout lorsque ce passage est brillant, convaincant et annonce un talent incroyable. N’y t-il pas une volonté de votre part de vous confronter sans cesse à la création et à sa propre humanité ?
Je pense que l’introspection est ce qui nous fait inéluctablement grandir, Sartre appellerait cela de la  » décompression d’être » mais finalement ça n’est que se regarder dans un miroir et se dire  » Je ne suis pas juste ce que je semble être, je peux faire mieux ». J’ai toujours été fasciné par le dépassement de soi, dans le sport, dans les romans , le cinéma et la musique évidemment. Tout se construit par la volonté et la confrontation à sa propre humanité, sans ça, tout finit par tomber.

Vos chansons sont chacune à leur manière profondes émouvantes et  touchantes. Chacune d’entre elles pourraient être la nouvelle d’un recueil. GreenShape, d’où vous vient cette envie de raconter des histoires ?
J’ai une manière tres cinématographique d’envisager la musique. D’ailleurs, je découvre énormement d’artistes en m’intérressant aux bandes originales des films que j’aime, ça doit finalement avoir une influence sur la « couleur » de mes chansons.

Envoyer pendant 3 mois autant de morceaux qu’il y a de jours au Label Sober And Gentle pour tenter de décrocher une signature, n’y a t-il pas là-dedans la preuve irréfutable de votre pugnacité à montrer ce que vous valez tel un jeune boxer qui monte pour la première fois sur un ring ?
C’était d’ailleurs la periode où j’etais boxeur amateur, il y a donc inéluctablement un effet de vase communicant. Depuis j’ai rudement ralenti la cadence, la boxe reste un sport tres traumatique pour le corps  et ça complique vite le métier de chanteur et de guitariste surtout, les mains et les poignets sont vraiment martyrisés, mais ça n’a en rien entamé ma volonté de faire un beau voyage avec cet album !

 » Suffit d’y croire pour que ça marche ». Est-ce que les mots de votre entraîneur ne sont-ils pas finalement devenus la devise de GreenShape ?
Je vais même finir par me le tatouer !

Il faut avoir un certain talent pour utiliser l’autobiographie sans tomber dans le pathos ou la mystification. Comment fait Greenshape pour donner cette crédibilité dans la création de ces chansons?
Il faut aimer les funambules je pense… mais c’est aussi le problème de tout médium artistique, il y a toujours une frontiere delicate entre le pathos et une creation artistique cohérente, mais c’est ce qui fait aussi qu’à chaque passage sur scène , à chaque album , on n’est jamais à l’abri de quoi que ce soit. Et c’est ça qui est bon!

Lorsqu’on connaît la patte musicale du label Sober and Gentle (Cocoon, Kid Bombardos, Hey Hey My My reçus tous les trois dans le BSC NEWS), il y avait  de grandes chances de vous voir réussir chez ce label, quels sont aujourd’hui vos espoirs et vos objectifs, GreenShape ?
J’espère que cet album touchera les gens, c’est ça mon objectif !

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