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Nelson Veras : au sommet d’un art unique

Par Guillaume Lagrée – bscnews.fr / Lectrices avisées, lecteurs attentifs, sachez que cet album, comme un texte sacré, comporte plusieurs degrés de lecture et d’interprétation. D’abord, R/B ne signifie pas Rhythm and blues ni R&B cette cochonnerie industrielle dont les vedettes actuelles n’auraient pas été retenues comme standardistes chez Chess Records dans les années 1950. Cela signifie Rouge sur Blanc (n°2), une composition de Nelson Veras (myspace de l’artiste) qui n’est ni Suisse, ni Polonais, ni Savoyard, ni Norvégien, mais Brésilien. Est-il stendhalien? Il faudrait le lui demander. Ensuite cette musique est d’apparence douce et aisée à écouter. D’apparence seulement. Si vous y prêtez attention, les morceaux sont d’une complexité rythmique hallucinante doublée d’une lisibilité pour l’auditeur stupéfiante.

propos recueillis par

Après un album en solo, Nelson Veras a choisi deux accompagnateurs à sa démesure. Ce qui se passe entre lui entre le batteur Stéphane Galland défie l’entendement. Heureusement, le contrebassiste Thomas Morgan est là pour offrir un point d’ancrage, de repère à l’auditeur qui ne serait ni poète, ni mathématicien, ni les deux à la fois comme ces musiciens.
Il n’y a là aucune démonstration (show off comme disent les Américains). Ils ne cherchent pas à vous en mettre plein la vue, mais, si vous leur prêtez l’attention qu’ils méritent, vous resterez estomaqués, éberlués, ébahis, ébaubis, émerveillés devant tant de science alliée à tant de volupté.

Si Nelson Veras vit en France depuis son adolescence, il reste Brésilien. C’est lorsqu’il joue des morceaux brésiliens, de sa composition ou non, qu’il est au sommet de son art c’est-à-dire unique. Écoutez donc sa version de « Coracao vagabundo » de Caetano Veloso (N°8) et partez en voyage, le coeur sur la main.

« Rouge sur Blanc »
Bee Jazz Records. 2011.

Nelson Veras: guitare électro acoustique
Thomas Morgan: contrebasse
Stéphane Galland: batterie

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