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Joe Henry décuple son spleen joyeux avec Tiny Voices

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Peu sont les artistes qui ont le spleen joyeux, la larme heureuse, la mélancolie sans tomber dans le pathos. Pour le plus grand bonheur de nos oreilles, Joe Henry fait partie de cette petite garde. En traduction musicale cela donne Tiny Voices, neuvième album de l’artiste sortie en 2003. Pour Henry l’américain, c’est l’opus, enfin, du succès en Europe après quinze d’activités (en attendant que son nouvel album, Blood from Stars, aussi excellent, suive les traces de son prédécesseur). Depuis cette époque, il a su imposer un songwriting original à base de chansons downtempo et une voix croonesque mise en avant, le tout emballé dans une ambiance baroque éloignée, néanmoins, de toute exubérance. Pour ce Tiny Voices, l’inventaire des couleurs sonores est un régal à énumérer. Vous trouverez des appels à la caresse amoureuse, charnelle à souhait, où chaque instrument transpirera de sa sueur la plus intime (Animal Skin, Widows of the Revolution). Vous dénicherez des plages de pop jazzy pétillante, légèrement psyché dans les recoins (Tin Voices, Flesh Blood). Vous esquisserez un songe sur des ballades au groove toute en retenue ou bien sur des sensations surannées et spectrales (Sold, Love you madly). Vous finirez même par croiser un petit chef-d’œuvre de surréalisme (Lighthouse). Vous achèverez la déambulation par un final aérien sur lequel un George Harrison ou un Paul McCartney n’aurait pas craché (Your side of my world). Un disque à redécouvrir les soirs de grande allégresse entre deux étoiles qui vous sourient.

Lien : http://joehenrylovesyoumadly.com

Alexandre Roussel

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