Le monologue d’un joueur d’échecs : la force d’écriture de Stefan Zweig servie par une performance remarquable
Par Florence Gopikian Yeremian – bscnews.fr/ Crédit-photo: Michel Paret/ 1939. Un paquebot est en partance pour l’Argentine. À bord, un homme élégant, smoking clair et cheveux gominés, tente de disputer une partie d’échecs avec le champion du monde en titre, Mirko Czentovic. Imbu de lui-même, Czentovic rejette d’abord la proposition avant de se laisser convaincre, moyennant rétribution. Une première partie a donc lieu à 15h dans le fumoir du transatlantique où le tacticien à la logique froide bat implacablement ses modestes adversaires. Dans une extrême mansuétude, il leur concède une revanche pour le jour suivant, même heure, même lieu, sachant pertinemment qu’ils n’auront aucune chance contre lui. Le lendemain, les passagers s’agglutinent avec impatience pour assister à ce nouvel échange, un brin déloyal, avouons-le… À la surprise générale, un homme sorti de nulle part intervient face au grand maître et parvient à faire tomber son arrogance autant que ses augustes palmes : match nul !