Scandale Epstein : le DOJ a caché 47 000 fichiers — ils ressortent cette semaine

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Ce jeudi 5 mars 2026, le New York Post et le Daily Mail publient simultanément l’information : le ministère américain de la Justice va republier d’ici vendredi soir 47 635 fichiers liés à l’affaire Jeffrey Epstein, discrètement retirés de sa base de données publique après leur mise en ligne le 30 janvier. La porte-parole du DOJ l’a confirmé au Wall Street Journal mardi soir, mot pour mot : ces fichiers « étaient hors ligne pour révision complémentaire et devraient être prêts pour republication d’ici la fin de la semaine. » Traduction : le DOJ savait exactement ce qu’il retirait. Et il savait exactement pourquoi.

La transparence version DOJ

Revenons au début du cinéma. En novembre 2025, Donald Trump signait en grande pompe l’Epstein Files Transparency Act, votée à 427 voix contre 1 au Congrès — un score soviétique pour une loi qui exigeait la publication intégrale, avant le 19 décembre, de l’ensemble des fichiers fédéraux liés à Epstein. Le message politique était limpide : regardez, je n’ai rien à cacher, c’est les Démocrates qui fréquentaient Epstein. Le 30 janvier 2026, le DOJ publiait donc 3 millions de pages supplémentaires, 2 000 vidéos, 180 000 images. Todd Blanche, le procureur général adjoint, déclarait solennellement que la publication était « terminée » et que le DOJ avait « rempli ses obligations légales ». Il ajoutait, la main sur le cœur : « Je peux assurer que nous n’avons pas protégé le président Trump. Nous n’avons protégé personne. »

Quatre jours plus tard, une analyse croisée du Wall Street Journal et de CBS News comptait les pages. Résultat : 47 635 fichiers représentant environ 65 500 pages renvoyaient vers des liens morts. Retirés. Offline. Sans explication.

Ce que ces fichiers contiennent — et pourquoi ça dérange

Ce n’est pas un mystère. Le 24 février, NPR publiait une enquête reconstituant les lacunes par recoupement de numéros de série estampillés sur les documents du DOJ. Parmi les fichiers manquants : les résumés de trois interviews que le FBI avait conduites avec une femme après l’arrestation d’Epstein en juillet 2019. Cette femme a déclaré avoir été abusée par Jeffrey Epstein à partir de ses 13 ans, dans les années 1980, notamment sur Hilton Head Island en Caroline du Sud. Elle a également accusé Donald Trump de l’avoir agressée sexuellement quand elle avait 13 ou 14 ans dans le New Jersey — une accusation que NBC News a confirmée en recoupant les éléments disponibles.

Le tri sélectif des redactions

 Une revue du Wall Street Journal a identifié les noms complets d’au moins 43 victimes exposés dans les fichiers publics, dont plus de 20 qui étaient mineures lors des abus — certains noms apparaissant plus de cent fois, avec parfois des adresses domiciliaires accessibles par simple recherche par mot-clé. Les avocats représentant plus de 200 victimes ont qualifié cela de « violation la plus grave de la vie privée des victimes en une seule journée de l’histoire des États-Unis ». Skye Roberts, le frère de Virginia Giuffre — l’accusatrice la plus connue d’Epstein, morte par suicide en 2025 — a résumé l’absurdité devant CBS : « Ils caviardent les noms des auteurs et dévoilent les noms des victimes. C’est exactement l’inverse de ce que la loi était censée faire. »

Le représentant républicain Thomas Massie et le représentant démocrate Ro Khanna, co-auteurs de la loi, ont passé deux heures à consulter les fichiers non caviardés dans les locaux sécurisés du DOJ. Ils ont identifié six hommes dont les noms avaient été illégalement censurés — dont le milliardaire Les Wexner, désigné comme co-conspirateur dans des documents du FBI, dont le nom n’a été rétabli que sous pression directe. Khanna a tiré la conclusion qui s’impose : « Si on a trouvé six hommes qu’ils cachaient en deux heures, imaginez combien ils en couvrent dans les 3 millions de fichiers restants. »

Les dépositions qui arrivent

L’étau se resserre aussi côté Congrès. La commission parlementaire de surveillance a programmé deux dépositions décisives dans les semaines qui viennent : Richard Kahn, le comptable personnel d’Epstein, doit comparaître le 11 mars. Darren Indyke, son avocat — les deux hommes qui gèrent l’estate Epstein et ont donc accès à l’intégralité de sa comptabilité, ses propriétés et ses réseaux financiers — témoignera le 19 mars. Howard Lutnick, l’actuel secrétaire au Commerce nommé par Trump, qui a reconnu avoir déjeuné avec Epstein sur son île privée en 2012 avec femme, enfants et nounous — plusieurs années après avoir juré ne plus jamais le revoir — doit lui aussi comparaître volontairement devant la commission. Ghislaine Maxwell, de son côté, a invoqué le cinquième amendement lors de sa déposition du 9 février. Son avocat a laissé entendre qu’elle pourrait livrer « un compte-rendu complet » si Donald Trump lui accordait la grâce présidentielle. Maxwell purge vingt ans dans une prison fédérale du Texas pour trafic sexuel. La balle est dans le camp de l’homme qui dit n’avoir rien à cacher.

Le chiffre que personne ne cite

Le DOJ reconnaît détenir 6 millions de pages de documents Epstein. Il en a publié 3,5 millions. Moins de la moitié. Les ingénieurs du FBI ont décrit avoir saisi des téraoctets de données lors des perquisitions chez Epstein — le volume total des fichiers rendus publics est très inférieur à cette masse. Le reste n’a fait l’objet d’aucune explication officielle satisfaisante. Les 47 635 fichiers annoncés pour cette semaine ne représentent qu’une fraction de ce qui manque. Et si le DOJ a mobilisé des centaines d’avocats pour réviser ces documents avec pour instruction expresse de « signaler les officiels gouvernementaux et personnes politiquement exposées » — comme l’a révélé le Wall Street Journal — la question de savoir qui a décidé quoi retirer, et sur ordre de qui, reste entière. Donald Trump a promis la transparence. Il a signé la loi. Son ministère de la Justice retient les fichiers qui le concernent. La republication promise d’ici vendredi nous dira s’il y a encore quelque chose à cacher — ou si le ménage a déjà été fait.

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